ACTE IV, SCÈNE II
Moi, sur un trône impur, loin de vous exilé.
Traînant l’horrible poids dont je suis accablé , Abandonné du ciel et maudit par un père ,
Tirais... Non 5 vainement votre courroux l’espère. Fermez-moi votre cœur; repoussez de vos bras Votre enfant malheureux qui s’attache à vos pas;
T y demeure enchaîné : qu’Etéocle m’opprime ;
Plus de trône pour moi ; mais surtout plus de crime.
OEDXPE.
Qui ? moi ! te recevoir ?
FOLYNICE.
Ahî sinon comme un fils.
Du moins comme un esclave à vos ordres soumis.
* ŒDIPE
Ingrat! si tu sentais un remords véritable!
POLYNICE
Au nom de ce remords, compagnon du coupable,
De ce tourment affreux plus grand que vos malheurs...
ANTIGONE
Mon père! il se repent; je vois couler ses pleurs. 1 *
ŒDIPE
Ma fille!
Rendez-vous, rendez-vous à nos larmes;
D’un pardon généreux goûtez encor les charmes.
ŒDIPE
Doit-il donc partager le prix de ta vertu?
OEDIPE A COLONE
ANTIGONE
Oui, mon père. A vos pieds il gémit abattu :
Je m’y jette avec lui : si vous m’aimez encore,
La grâce de mon frère est le prix que j’implore.
ŒDIPE
Antigone ! ma fille ! ô pénibles combats !
# ANTIGONE
Ah! dites mes enfans; ne nous séparez pas.
ŒDIPE
Mon père !
OEDIPE
Aime notre Antigone. * Viens, sois encor mon fils; ton père te pardonne.
Antigone.
O bonheur ! •
polynice.
Un coupable en vos bras paternels!
f ŒDIPE.
Un fils. O des humains arbitres éternels,
Étendez jusqu’à lui votre main tutélaire;
Adoptez ma clémence et non pas ma colère ;
Et n’exaucez jamais les souhaits imprudens D’un père au désespoir qui maudit ses enfans.
• . ANTIGONE
Le ciel las de punir nous est donc favorable ?