ANTIGONE, THÉSÉE, LE CHOEÜR
Thésée.
Ce martyr étonnant de la fatalité,
Qui fut vainqueur du crime et de l’adversité ,
Dont les maux sont finis , dont la gloire commence ,
OEDIPE A COLONE
Entre sa fille et moi s’approchait en silence Des bords où le.Céphise entouré de cyprès,
Morne et silencieux coule au sein des forêts;
Lieux où Pyrithoüs, des héros le modèle,
M’a juré pour la vie une amitié fidèle.
C’est là que le vieillard, suivant l’arrêt des dieux,
Bénit son Antigone et lui fait ses adieux.
Pur, et sanctifié dans les eaux salutaires,
Il reçoit de ma main les habits funéraires;
Tous deux, nous parcourons, pleins d’une sainte horreur, Ces bois religieux qu’habite la terreur :
Le jour fuyait; la nuit de ses ailes pesantes Couvrait des noirs cyprès les tètes imposantes;
À travers les rameaux , la foudre à longs éclats En nuage de feu marchait devant nos pas.
Je contemplais OEdipe , admirant en moi-même Un émule d’Alcide à son heure suprême ;
Mais, bientôt il s’arrête : « Allons, voici l’instant,
« Voici l’endroit, dit-il, où ma gloire m’attend.
« Du secret de ce lieu premier dépositaire ,
« A votre successeur apprenez ce mystère;
« Et, lorsque de ses jours le flambeau s’éteindra,
« Qu’il en instruise encor le roi qui le suivra.
« Tel est l’ordre du Ciel : il veut que, d’âge en âge ,
« De l’éclat de vos murs ce secret soit le gage.
« Adieu. J’eus une fille. Elle a besoin d’appui :
« Elle fut ma compagne; elle est seule aujmird’hui .
« Vous lui conserverez un asile fidelle,
« Ce qu’elle a fait pour moi, vous le ferez pour elle. » Ainsi parlait OEdipe; et mes embrassemens