‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 145 sur 286 · ACTE V, SCÈNE IV. a · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. a

S’unissaient à mes pleurs, consacraient mes sermens. D’un habitant des cieux la voix s’est fait entendre :

« OEdipe , il faut partir ; pourquoi te faire attendre ? « L’Olympe te réclame. » A ces mots solennels,

J’ai reçu du héros les adieux éternels.

Il a quitté la terre ; une céleste flamme

De son sein prophétique a passé dans mon ame;

Et , loin de l’Univers moi-même transporté ,

Je respirais l’Olvmpe et l’immortalité.

D’un demi-dieu mourant la vénérable tète S’élevait rayonnante au sein de la tempête.

Il n’est plus. A vos yeux je viens de dévoiler Tout ce qu’il m’est permis d’oser vous révéler. Espérez, Antigone, un avenir prospère $

Thésée existe encore ; ayez encore un père :

Et nous, plaçant OEdipe entre les immortels.

A son nom protecteur élevons des autels.

ANTIGONE

Thésée, à mes chagrins vous mêlez quelques charmes ; Mais d’un père exilé j'ai recueilli les larmes :

De sa gloire aujourd’hui si les dieux sont témoins .

J’ai des frères encor qui réclament mes soins. Faites-moi reconduire aux lieux qui m’ont vû naître . Le céleste courroux s’adoucira peut-être.

Mes frères sont armés ; que le glaive inhumain S’appaise au nom d’OEdipe et tombe de leur main.

Je veux placer entre eux les larmes d’Antigone , Partager leur péril et non pas leur couronne,

Et, si le sort jaloux choisissait un vainqueur. Compagne du vaincu , partager sa douleur.

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