SCÈNE PREMIÈRE
ÉLECTRE
Bel ornement des deux, lumière douce et pure, Quand tes premiers rayons raniment la nature ,
Je reviens chaque jour t’apporter mes sanglots ;
Et quand la sombre nuit ramène le repos ,
Je veille en accusant le meurtre et l’adultère ;
Je baigne en vain de pleurs ma couche solitaire. Mon père, aux champs troyens a tAomphé du sort; Une épouse , un tyran lui donnèrent la mort :
Il tomba, comme un chêne atteint par la tempête
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Tombe au sein des forêts que dominait sa tête.
Oh! qui consolera mes stériles douleurs?
Proserpine et Pluton, dieux sombres, dieux vengeurs, Némésis vénérable, Euménides sacrées, #
Craintes des oppresseurs et contre eux implorées, Electre vous appelle : aide , pitié , secours.
A des sujets tremblans je n’aurai point recours ;
Un seul espoir me luit , un seul appui me reste ;
Vers sa plaintive sœur guidez mon cher Oreste,
Et que d’un trône impie Égiste renversé Rende au fils de son roi le sang qu’il a versé.