‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 147 sur 286 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉLECTRE

Bel ornement des deux, lumière douce et pure, Quand tes premiers rayons raniment la nature ,

Je reviens chaque jour t’apporter mes sanglots ;

Et quand la sombre nuit ramène le repos ,

Je veille en accusant le meurtre et l’adultère ;

Je baigne en vain de pleurs ma couche solitaire. Mon père, aux champs troyens a tAomphé du sort; Une épouse , un tyran lui donnèrent la mort :

Il tomba, comme un chêne atteint par la tempête

20 6 ÈLECTRE.

Tombe au sein des forêts que dominait sa tête.

Oh! qui consolera mes stériles douleurs?

Proserpine et Pluton, dieux sombres, dieux vengeurs, Némésis vénérable, Euménides sacrées, #

Craintes des oppresseurs et contre eux implorées, Electre vous appelle : aide , pitié , secours.

A des sujets tremblans je n’aurai point recours ;

Un seul espoir me luit , un seul appui me reste ;

Vers sa plaintive sœur guidez mon cher Oreste,

Et que d’un trône impie Égiste renversé Rende au fils de son roi le sang qu’il a versé.

Page 1