‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 170 sur 286 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

NATHAN, ZOÉ, BRIGITE.

ZOÉ

O mon père, c’est vous que le Ciel me renvoie!

Après tant de chagrin j’aurai donc quelque joie. Embrassez votre fille , et ne la quittez plus.

Vos accens jusqu’à moi sont déjà parvenus.

Votre voix cette nuit déjà s’est fait entendre.

NATHAN

La tienne me ranime; elle est sensible et tendre.

ZOÉ

Quels fleuves , quels déserts n’avez-vous pas franchis î Et les monts jusqu’à vous n’ont pas porté mes cris,

Les cris de votre fille aux feux abandonnée ,

Et loin de vos secours à mourir condamnée ? .

Un ange protecteur, aussi jeune que beau,

Et qui, dit-on, sur moi veilla dès mon berceau,

Vit des sommets du ciel votFe fille expirante;

Il entendit rqgir la flamme dévorante;

D’un chevalier du temple il prit le vêtement;

D s’élança pour moi des champs du firmament , Traversa tous les cieux , descendit dans Solime ,

Et sur son aile blanche enleva la victime.

BRIGITE.

L’ange est un templier; l’aile blanche...

NATHAN LE SAGE

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