‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 177 sur 286 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SALADIN

« P ourquoi marcher, dit-on , sans suite , sans escorte ? » Pourquoi pas? « Mais l’usage ! » On s’y fera. Qu’importe? « Un sultan! quel abus! » je ne sais point de loi Qui me force à traîner une cour après moi.

Régner, régner toujours, s’ennuyer par décence,

Se condamner sans cesse à la magnificence ;

Voilà les vrais abus. Mes sujets sont soumis :

Parmi les musulmans je n’ai que des amis :

Quelle main peut d’ailleurs changer les destinées?

Celui qui nous fait naître a compté nos journées.

Des traces d’incendie ! ah ! oui , c’est la maison De ce ^uif estimé pour sa droite raison.

Excepté les chrétiens, tout Solime le vante.

Est-il vrai que sa fille, une fille charmante.

2 5a NATHAN LE SAGE.

Jusqu’ici de Moïse ait ignoré la loi ?

Qu’elle révère un dieu, mais n’ait point d’autre foi? Eli bien, un dieu suffit : la nature l’atteste ;

Notre cœur le révèle; il faut un dieu. Le reste...

Le père est juif pourtant. Cet homme est singulier.

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