‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 180 sur 286 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Je le sais : néanmoins , tu l’avouras , Nathan ,

La question n'est pas indigne d’un sultan.

Allons , réfléchis , pense avant de me répondre.

NATHAN, à part.

Il est vrai : la demande a lieu de me confondre.

J’ai cru , moi , qu’il allait m’emprunter de l’argent ,

Et c’est la vérité qu’il faut donner comptant!

Singulière monnaie ! elle a pu sembler belle Lorsqu’on l’appréciait à sa valeur réelle ;

Mais depuis bien long-temps elle a fort peu de cours. Et son poids est surtout ignoré dans les cours.

S ALADIN , i part.

Il est embarrassé.

NATHAN, à part.

Quel fut mon choix ? qu’importe ?

Alors qu’il veut entrer, l’ami frappe à la porte ;

Le prince apparemment prend d’assaut la maison. Comment unir ensemble et prudence et raison ?

Être juif, rien que juif; c’est bien*fort pour un sage. N’être pas juif du tout, c’est bien plus fort.

S A LAD IN

Courage.

NATHAN, à part-

Pourquoi pas musulman , me dira-t-il soudain ?

SALADIN

Eh bien, Nathan?

NATHAN

De grâce, un moment, Saladin.

(à part.)

L’adresse est nécessaire en affaires semblables.

NATHAN LE SAGE

Fort bien : dans l’Orient, on aime encor les fables - , G’est le meilleur moyen d’éclairer des enfans,

Des hommes, des vieillards, et surtout des sultans.

Es-tu prêt?

SiLiDIK.

NATHAN

Je le crois.

SALA DIB

Réponds sans plus attendre.

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