‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 182 sur 286 · ACTE II, SCÈNE II. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. a

Il avait hérité d’un eflcl précieux,

D’une bague, trésor chéri de ses aïeux :

C’était un diamant d’uu éclat admit abtëT Un don rendait surtout la bague inestimable :

Elle faisait aimer son heureux possesseur:

Se faire aimer, c’est là le premier bien du cœur.

Dans ces épanchemens de naïve tendresse

Que, lorsqu’on n’est point père, on appelle faiblesse,

Sous le seeau du secret souvent il a promis,

La bague de famille à chacun de ses fils;

Mais la vieillesse arrive; il faut choisir. Que fai re?

Il consulte un habile et discret lapidaire,

Et fait tailler par lui deux autres diatnans Au modèle donné de tous points ressemblans,

Et si fort qu’ils trompaient jusqu’aux regards du père; il ne reconnaît plus la bague héréditaire.

Son cœur est soulagé du poids qui l’accablait:

Chacun de ses cnfans sera donc satisfait.

En secret tour-à-tour, le vieillard les appelle,

Les bénit, leur remet la bague paternelle,

Lève les mains au ciel qu’il invoque pour eux,

Et meurt heureux lui-même en laissant trois heureux.

S A I. A D t N , apres un silence.

La suite de l'histoire; et qu’en veux-tu conclure?

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