‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 183 sur 286 · TOME ur. I · texte numérisé non relu

TOME ur. I

2 58 NATHAN LE SAGE

Plus on l’éclaircissait et moins elle était claire.

La bague existait bien, mais comment la trouver? Tous les trois affirmaient; nul ne pouvait prouver. Saladin voudra bien me pardonner, j’espère,

Si je n’y vois pas mieux que le juge et le père.

Est-ce là me répondre? El^ Nathan, les objets Sont si fort différens.

ATH AN

Les mêmes à peu près.

Des deux parts nulle preuve et constante et réelle. Tradition partout qu’on croit partout fidelle.

Ce qu’à l’historien nous ajoutons de foi,

Est pour nous certitude, et devient notre loi.

Mes parens n’ont pas cru ce qu’ont cru tes ancêtres. Faut-il, pour nos rabbins, abandonner tes prêtres? Ou bien dois-je abjurer la foi de mes aïeux,

Parce que les sultans n’ont point pensé comme eux? On peut persécuter, mais non forcer à croire.

Le cœur est toujours libre.

SALADIN

Achève ton histoire.

NATHAN

Chacun des trois nommant ses frères imposteurs, Jurait de les punir, d’employer des vengeurs, Poignard, flamme, poison, tout ce qui peut détruire; Car il est plus aisé d’égorger que d’instruire.

SALADIN, après un silence.

Mais le juge?

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