‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 190 sur 286 · ACTE II, SCÈNE III. aG-î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. aG-î

AT HAN

Je suis riche.

MOKTFORT.

Un juif dans l’opulence N’en vaut pas mieux pour moi.

KATHAH. »

Fermez-lui votre coeur-, Mais ne refusez pas ce qu’il a de meilleur;

Disposez de mes biens.

MOKTFORT.

De vos biens, pourquoi faire?

Mes désirs sont remplis, car j’ai le nécessaire;

Les fruits de ces palmiers servent à me nourrir,

Et ce manteau suffit du moins pour me couvrir.

Une tache peut-être a blessé votre vue?

Oui : lorsque je sauvai votre fille éperdue Cet endroit fut brûlé.

SATHAH.

Que cet endroit est beau!

Qu’il plaît à mes regards! pardon : sur ce manteau Une larme est tombée.

MOKTFORT.

Et plus d’une peut-être.

nathak.

Te l’ai pensé.

MOKTFORT.

Quel trouble en mon ame il fait naître!

NATHAN LE SAGE

Prètez-moi ce manteau, généreux templier:

Oui, daignez à ma fille un moment l’envoyer.

MOKTFOKI.

Et que pretendez-vous ?

NATH AN

Que sa bouche le presse; Quelle verse à son tour des larmes de tendresse Sur cette tache heureuse où tombèrent mes pleurs.

MONTFORT

Il m’attendrit; je cède à ses accens vainqueurs.

O Nathan , le travail vous donna l’opulence ;

Mais le ciel vous donna cette douce élpquence.

NATHAN

Il mit dans votre cœur la sensibilité;

Et, si Brigite en vain vous a sollicité,

La vertu la plus pure a fait votre rudesse;

Vous avez craint ma fille et sa tendre jeunesse, L’éloignement d’un père et jusqu’à vos bienfaits.

MONTFORT

Ainsi devrait penser un chevalier français.

' NATHAN

Un chevalier français , et non pas tous les hommes ? Ah! la bonté du cœur nous fait ce que nous sommes. Il est des gens de bien sous différons .climats; Pourriez-vous en douter?

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