ACTE II, SCÈNE IV
Des monts retentissans fondaient sur les vallons,
Je disais, il me fuit : au moins a-t-il au monde Des secours, un asile, un coeur qui lui réponde.
Mais il veille sur moi 5 je ne l’ai point perdu;
Paisible dans le ciel dont il est descendu,
Sans doute il quitterait sa patrie immortelle ,
Pour me placer encor sons l’abri de son aile.
De ses regards sauveurs mes pas sont entourés.
Cent fois dans les iustans au repos consacrés ,
Livrant mon ame entière à votre bienfaisance,
De mon soutien chéri j’ai rêvé la présence.
Cent fois de ma fenêtre, au moment du réveil,
Quand l’air frais du matin, quand les feux du soleil Venaient sourire au ciel et consoler la terre, .
J’ai vu, sous les palmiers, dans le champ solitaftc, Briller le manteau blanc de mon libérateur.
Mes yeux, suivant partout cet astre bienfaiteur,
Ont gravi sur le mont, ont parcouru la plaine.
■Quand des derniers rayons la lumière incertaine Rougissait par degrés les sommets du Thabor,
Après vous, sur vos pas mes yeux couraient encor. Quand la nuit s’étendait sur la voûte étoilée,
Seule, aux palmiers, aux vents, à l’ombre, à la vallée, A la colline absente adressant mes adieux,
Pour vous voir plus long-temps je regardais les cicuX:
M OIS TF OR T.
O pure et douce ivresse! ô candeur ingénue!
Pour punir un ingrat qui vous a méconnue.
C’est vous qui, de ses torts, daignez le consoler!
Zoé! dé mon bonheur voulez-vous m’accabler?