TOME III
NATIIAN LE SAGE.
Ali! mon cœur ignorait jusques à l’espérance ;
Tu m’as guidé, grand dieu! des rives de la France;
Ta bonté désarmait le bras de mon vainqueur,
Pour sauver par mon bras cet objet enchanteur. Achève, et que Zoé ne me soit plus ravie,
Zoé, le charme unique et i’ame de ma vie.
Que Saladin me compte au rang de ses sujets,
Qu’il conserve un empire où régnent ses bienfaits; Moins grand, mais plus heureux, je ne veux d’autre empire Que le toit qu’elle habite et l’air qu’elle respire.
Et vous, exaucez-moi; vous, daignez confirmer Ces vœux d’un cœur brûlant que je viens de former. Vous avez sur mes jours une entière puissance.
Le vertueux Nathan vous donna la naissance;
Qu’il sdft aussi mon père, et que des nœuds chéris...
ZOÉ
Le sauveur de sa fille est devenu son fils.
N’exjgez pourtant pas que ma bouche prononce;
C’est à Nathan qu’il faut demander la réponse.
MOMTFORT.
Souffrez donc que je cède à mon empressement.
Pour ne vous plus quitter, je vous quitte un moment. Puisse un père accueillir l’hommage le plus tendre !
Au fortuné Montfort puisse-t-il faire entendre Ce nom sacré de fils, ce nom tant souhaité,
Aussi cher à mon cœur qu’il fut peu mérité!