‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 199 sur 286 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MONTFORT, nathan.

Sa grâce, sa beauté, sa candeur ingénue,

Ont porté dans mon ame une ivresse inconnue.

Je ne vois que Zoé; toujours, oli! oui, toujours Auprès d elle , avec ■fous, s’écouleront mes jours. N’est-il pas vrai, Nathan?

• nation.

Vous la verrez sans cesse. > » v ous lui devez, Montfort, toute votre tendresse.

O mon père !

i o nTt

fort.

nath an.

Un tel nom...

NATHAN LE SAGE

MONTFORT

Vous en êtes surpris?

SÀTHAN.

Cher et brave jeune homme !

MONTFORT

Et non pas votre fils!

Mon ami.

NATHAN

MONTFOJtT.

Votre fils!

nathan.

Mon bienfaiteur.

MOKXÏORT.

Encore !

Et votre fils, Nathan, ce fils qui vous implore, Aura-t-il vainement embrassé vos genoux?

NATHAN

Un moment, chevalier 5 arrêtez; levez-vous.

MONTFORT

On peut rester sans honte aux genoux de son père.

SApAN.

Levez-vous, quelle ardeur! quel bouillant caractère! Et cette croix, Montfort, ces vœux d’un chevalier!

MONTFORT

Zoé, d’un seul regard m’a fait tout oublier.

M’opposez-vous des vœux dictés par l’imprudence

, ACTE III, SCÈNE I. a 77

Que, sans le concevoir, bégaya mon enfance?

NATHAN

Non. Mais dois-je répondre à ceux de votre amour Sans savoir quel Montfort vous a donné le jour?

MONTFORT

Eh! qu’importe?

NATHAN

Oli! beaucoup, beaucoup, je vous assure.

MONTFORT

Ainsi vous repoussez la voix de la nature!

Vous divisez, Nathan, deux coeurs faits pour s’aimer.

NATHAN

Je ne divise point, mais je veux m’informer.

Montfort, ce nom de père, il m’est doux de l’entendre. A l’accepter de vous si je pouvais prétendre,

En comblant vos désirs je serais trop heureux.

Mais je me suis chargé d’un devoir rigoureux 5 Je veux jusqu’à la fin le remplir avec zèle,

Et je cours sans tarder où ce devoir m’appelle.

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