SCÈNE PREMIÈRE
MONTFORT, nathan.
Sa grâce, sa beauté, sa candeur ingénue,
Ont porté dans mon ame une ivresse inconnue.
Je ne vois que Zoé; toujours, oli! oui, toujours Auprès d elle , avec ■fous, s’écouleront mes jours. N’est-il pas vrai, Nathan?
• nation.
Vous la verrez sans cesse. > » v ous lui devez, Montfort, toute votre tendresse.
O mon père !
i o nTt
fort.
nath an.
Un tel nom...
NATHAN LE SAGE
MONTFORT
Vous en êtes surpris?
SÀTHAN.
Cher et brave jeune homme !
MONTFORT
Et non pas votre fils!
Mon ami.
NATHAN
MONTFOJtT.
Votre fils!
nathan.
Mon bienfaiteur.
MOKXÏORT.
Encore !
Et votre fils, Nathan, ce fils qui vous implore, Aura-t-il vainement embrassé vos genoux?
NATHAN
Un moment, chevalier 5 arrêtez; levez-vous.
MONTFORT
On peut rester sans honte aux genoux de son père.
SApAN.
Levez-vous, quelle ardeur! quel bouillant caractère! Et cette croix, Montfort, ces vœux d’un chevalier!
MONTFORT
Zoé, d’un seul regard m’a fait tout oublier.
M’opposez-vous des vœux dictés par l’imprudence
, ACTE III, SCÈNE I. a 77
Que, sans le concevoir, bégaya mon enfance?
NATHAN
Non. Mais dois-je répondre à ceux de votre amour Sans savoir quel Montfort vous a donné le jour?
MONTFORT
Eh! qu’importe?
NATHAN
Oli! beaucoup, beaucoup, je vous assure.
MONTFORT
Ainsi vous repoussez la voix de la nature!
Vous divisez, Nathan, deux coeurs faits pour s’aimer.
NATHAN
Je ne divise point, mais je veux m’informer.
Montfort, ce nom de père, il m’est doux de l’entendre. A l’accepter de vous si je pouvais prétendre,
En comblant vos désirs je serais trop heureux.
Mais je me suis chargé d’un devoir rigoureux 5 Je veux jusqu’à la fin le remplir avec zèle,
Et je cours sans tarder où ce devoir m’appelle.