‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 222 sur 286 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SIR ARNOLD

Fort bien. Je ne suis plus le maître en ma maison. Et tel est cependant le sort, d’un vieux garçon,

Dès qu’il veut à son tour tâter de l’hy menée.

Elle fait mon bonheur depuis près d’une année : Depuis ce bonheur là... je suis fort malheureux. Mais pourquoi l’épouser? oh! j’étais amoureux. ï.c jour même où je lis cette énorme sottise,

3io LES PORTRAITS DE FAMILLE.

Nous avons eu dispute en entrant dans l’église;

Le prêtre et l’auditoire entendaient nos éclats ;

Et les cloches du lieu faisaient moins de fracas.

Chaque jour, chaque instant , c’est dispute nouvelle ; Si j’eusse offert ma main à quelque demoiselle Qui de la capitale eût connu les travers ,

Passe; mais au village on n’a pas les grands airs. Quoique fille des champs, à voir de quelle aisance Elle a de nos ladys singé l’extravagance ,

On jugerait qu’à Londre elle a toujours vécu;

On croirait volontiers qu’elle n’a jamais vu D’arbres, ni de jardin que le parc de Saint-James :

Aux champs, d'après cela, courez choisir vos femmes. En robe d’indienne, en jupons brodés d’or,

Sur les monts de l’Ecosse, au palais de Windsor,

La raison n’entre point dans cgs têtes frivoles;

Les femmes en tous lieux sont toujours un peu foliés : Ces folles-là pourtant nous mènent malgré nous;

Elles sont folles, soit; mais nous sommes plus fous.

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