ACTE III, SCÈNE I. 33i
Deux orateurs plus forts que tous ceux d’aujourd’hui , Aussi parleurs que Burke, et moins pédans que lui: Mylord Jacques Norton et Benjamin son frère , Très-éloquens soutiens du parti populaire,
Des ministres d’alors le tourment et l’effroi.
Et toujours gendarmés contre le banc du roi.
De la chambre des pairs mylord a fait la gloire;
Les communes de l’autre ont gardé la mémoire.
A ce (pompeux éloge i} faut un mot de plus;
C’est la première fois qu’ils ont été vendus.
SIR OLIVER
Je ne marchande point pour l’honneur des deux chambres. Et pour l’intégrité des honorables membres.
SIR CHARLES
Pen veux mille francs.
SIR OLIVER
Grâce à ce fait singulier,
J’accepte ; la vertu ne peut trop se payer.
, SIR CHARLES
Nos affaires jamais ne seront terminées;
De mes autres aïeux je veux trois cents guinées.
Voici trente portraits.
SIR OLIVER
Et voici votre argent.
SIR CHARLES
Vous êtes , sans mentir, un admirable agent.
Où ce fripon de juif a-t-il pu vous connaître ?
33a LES PORTRAITS DE FAMILLE.
SIR OLIVER
Mais ce petit vieillard , là , près de la fenêtre ,
Vous ne m’en parler pas ; pourquoi donc, s’il vous plaît?
SIH CHARLES.
De mon oncle Oliver vous voyez le portrait ;
11 réside à Madras,
MOSÈS
Il a l’air hypocondre.
SIR OLIVER
Pas tant.
SIR CHARLES
Il s’est fait peindre avant de quitter Londre.
MOSÈS
Par un de ses regards on est déshérité.
SIR OLIVER
JN T on , Mosès , tous ses traits ont un air de bonté.
A vos parens, monsieur, vous le joindrez, j’espère.
SIR CHARLES
Non , vous ne l’aurez pas , il me tient lieu de père.
SIR OLIVER, à part.
Il est bien étourdi ; mais il est nàon neveu.
( Haut. ) ».
Ce portrait me plaît fort, d’honneur, j’v tiens un peu-
Et j’en donnerais même un prix considérable.
SIR CHARLES
-Je ne veux point le vendre. Il suffit.