ACTE III, SCÈNE I. 3a
Ma respectable tante est peinte, trait pour trait,
De la main de Kneller, et dans ce beau portrait Nous pouvons remarquer, outre la ressemblance,
Un grand fonds de pudeur, un grand air d’innocence; Mais, quoique morte lille à plus de soixante ans.
Mon petit Premium l’aura pour deux cents francs.
Soit encore.
sir OLIVER. MO s ES.
Adjugé.
S I R OLIVER , à part.
Pour deux cents francs, ma tante Qui mit à si liant prix sa sagesse éclatante,
Et qui ne rencontra personne, de ses jours,
Digne de captiver ses pudiques amours!
SIR CHARLES
A la tante il faut bien joindre ses deux cousines; Prenez pour cinq cents francs ces beautés enfantines.
SIR OLIVER
D’aussi charmans objets ne se marchandent pas.
m o s ES.
Cousines, suivez donc la tante et ses appas.
SIR CHARLES
Que me donnerez-vous d’un juge respectable , Savant criminaliste et toujours équitable?
Cent francs.
MO SES
33o LES PORTRAITS DE FAMILLE.
SIR CHARLES
Comment ! cent francs ! sa perruque les vaut. Mon cher monsieur Mosès, vous avez le défaut Dêtre juif, mais très-juif, très-ignare en peinture,
Et très-irrévérent pour la magistrature.
Le petit Premium sera plus circonspect :
Il va me l’acheter cent écus par respect.
SIR OLIVER
C est beaucoup ; mais n’importe 5 à ce prix qu’on l’adjuge.
t MOSÈS.
Vous êtes pour le coup vendu, monsieur le juge.
SIR CHARLES
4 Pour ce gros réjoui, Boniface Dorset
Qui fut sous Richard-Trois, maire de Sommerset,
Deux cents francs.
SIR OLIVER
Deux cents francs ; mais c’est trop pour un maire.
SIR CHARLES
Encor deux échevins pour terminer l’affaire. ,
SIR OLIVER
Ces deux échevins, soit, et point de différends.
MOSÈS
IJn corps municipal estimé deux cents francs !
SIR CHARLES
Préparez-vous ; voici de plus grands personnages ;
La Heur du parlement,, deux Catons, deux vrais sages,