NINON, BRULART
BRU LA BT.
Je reçois votre lettre à l’instant.
J’ai moi-même à vous dire un mot très-important.
Hier au soir, madame , on sema dans la ville Le récit confirmé du décès de Gourville.
Du jour de son départ j’ai conservé chez moi Des papiers, des contrats, qu’il remit à ma foi.
Je n’en ferais jamais l’aveu devant tout autre :
Mais , comme vous savez , mon secret est le vôtre ; §on héritier Dorlis est un mauvais sujet.
NINON
Vous rendrez cependant...
BRULART
Ce n’est pas mon projet.
Ne rendez rien non pins, si vous voulez m’en croire. Ne voyons que le Ciel, et sa plus grande gloire.
NINON
. BINON.
Excusez, s’il vous plaît, mon irréligion.
Retenir un dépôt n’est pas un vol?
BRULART
Eh! non :
Quand le dépositaire , homme pieux et sage , Du dépôt confié veut faire un digne usage.
Tous nos auteurs l’ont dit. Consultez Suarès, Lessius, Escobar, Sanchès et Velasquès.
A ces questions là vous seriez aguerrie ,
Si vous étiez docteur en la théologie.
NINON
En ce cas, je renonce au bonnet de docteur.
BRÛLAIT
Fort bien. Mais prenez-moi pour votre directeur,
Et que votre péché soit sur ma conscience.
NINON
Dorlis pour vous et moi fera donc pénitence?
Mais qui de votre ami nommez-vous héritier?
«BRULART
Je crois de cet argent devoir gratifier
Un saint homme, un pauvre homme, à qui je m’intéresse.
J’entends.
NINON
brui. art.
Qui me chérit, que j’aime avec tendresse.