TOME III
34 TIBÈRE
Et que m’annonce encor ce que je viens d’entendre ? Est-ce aujourd’hui Pison que vous voulez venger ? Est-ce Germanicus qu’on s’apprête à juger?
TIBÈRE
J’ai souffert la demande 5 écoutez la réponse :
Ce n’est point l’empereur, c’est la loi qui prononce; Mais la loi ne punit que des crimes prouvés ,
Et ce sont des décrets au sénat réservés.
Il n’est pas un vengeur, mais un juge équitable. Moi-même , partageant son emploi redoutable ,
Je serai sans colère , au-dessus du soupçon ,
Et sévère , mais juste , à l’égard de Pison.
agr.ippihe.
A l’égard de mes fils serez-vous donc moins juste ?
Et les punirez-vous du choix fait par Auguste ?
Je connais mon devoir, et respecte ce choix.
Des Césars, vos enfans, j’affermirai les droits. Donnez-leur vos vertus ; mais dans ces jeunes âmes D’un orgueil dangereux n’attisez point les flammes. Un jour, peut-être, un jour, ils pourront seconder Et Tibère et Drusus né pour lui succéder.
Dites-leur de briller au champ de la victoire. D’espérer les honneurs , de mériter la gloire, D’obtenir le triomphe au sein de nos remparts ,
De grossir les lauriers cueillis par les Césars ,
De prétendre au respect qu’un nom fameux inspire, D’aspirer aux grandeurs , mais jamais à l’empire.