ACTE III, SCÈNE I
Agrippine.
Je vois qne ma prière aigrit votre courroux :
Cet entretien vous pèse , et Séjan vient à nous. Je vais trouver mes fils. Déjà privés d’un père, Ah! doivent-ils long-temps conserver une mère? Si régner était l’art qu’il faut leur enseigner, L’exemple est devant eux ; Tibère sait régner.
Je leur conseillerais d’imiter sa prudence,
La sagesse d’Auguste, et surtout sa clémence 5 D’écouter les amis, d’éloigner les flatteurs,
De ne point accueillir les cris des délateurs,
Et de faciliter l’accès du rang suprême ,
Au malheur, à la plainte, à la liberté même.
Pour un sort moins brillant j’élèverai mes fils;
Ils ne seront pas craints , mais ils seront chéris. La faveur, les trésors ne sont point mon partage Je pourrai leur laisser, du moins pour héritage , Une fierté tranquille en leur adversité ,
Un cœur paisible et pur, un courage indompté : Leur nom sera béni par la reconnaissance :
Us sauront de César révérer la puissance;
Ds pourront quelque jour obéir à Drusus,
Mais ils seront encor fils de Germanicus.
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TIBÈRE