‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 45 sur 286 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Loin d’élever ma voix contre Germanicus,

J’aurais brigué l’honneur de vanter ses vertus;

On eût vu de mon père éclater l’innocence;

Avec moi ses aïeux auraient pris sa défense ;

Et nous aurions trouvé des pères et des fils Que la crainte et l’orgueil n’ont jamais endurcis.

TIBÈRE

Y pensez-vous, CnéiusP cette imprudente audace

Auraif de votre père assuxé la disgrâce.

Agrippine étalant de fastueux débris

Devant le peuple entier voulait porter ses cris.

Près du peuple souvent, quand la haine dénonce,

La haine écoute encor, la haine encor prononce $

Tandis que le sénat est, pour un sénateur,

Un tribunal paisible et même protecteur.

Je promets l’équité : j’espère l’indulgence.

Adieu, rassurez-vous : Agrippine s’avance.

Votre aspect dans ces lieux peut aigrir ses douleurs ;

Moi-mème, en ce moment, j’éviterai ses pleurs :

Vos soutiens sont nos lois , votre cause , vous-même ,

Le sénat qui la juge, et César qui vous aime.

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