‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 46 sur 286 · CNÉIUS, AGRIPPINE · texte numérisé non relu

CNÉIUS, AGRIPPINE

AGRIPPIKE.

Tibère en me voyant s’éloigne avec effroi 1

54 ' TIBERE

Et le fils de Pison demeure auprès de moi!

CH ÉIUS. »

Ne vous offensez point, vertueuse Agrippine,

Si , d’un père chéri redoutant la ruine ,

En ces lieux un moment j’ose vous arrêter.

Sans haine et sans courroux pouvez-vous m’écouter ?

AGRIPPINE

Je ne hais que le crime 5 et qu’importe ma haine? Vous avez vu celui dont la voix souveraine Peut condamner Pison 4 peut le justifier.

cnéius. .

Oui , j’ai vu , malgré moi , Tibère tout entier.

ÀGH IPPINE.

Qui vous y forçait?

CNÉIUS

Lui, puisqu’il est notre maître; Lui , l’ennemi de Rome , et le vôtre peut-être ;

Lui dont la tyrannie irrite nos débats.

AGRIPPINE

Si vous étiez Séjan je ne répondrais pas.

Mais Cnéius , indocile au frein de l’esclavage ,

N’a point cultivé l’art de farder son langage ;

Vrai dans tous ses discours, par tant de liberté Il ne tend pas un piège à ma sincérité.

Toutefois que craint-il en sa faveur nouvelle ,

Quand Tibère me fuit, quand Tibère l’appelle?

Tout , j’ose l’avouer, jusqu a cette faveur

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