CNÉIUS, AGRIPPINE
AGRIPPIKE.
Tibère en me voyant s’éloigne avec effroi 1
54 ' TIBERE
Et le fils de Pison demeure auprès de moi!
CH ÉIUS. »
Ne vous offensez point, vertueuse Agrippine,
Si , d’un père chéri redoutant la ruine ,
En ces lieux un moment j’ose vous arrêter.
Sans haine et sans courroux pouvez-vous m’écouter ?
AGRIPPINE
Je ne hais que le crime 5 et qu’importe ma haine? Vous avez vu celui dont la voix souveraine Peut condamner Pison 4 peut le justifier.
cnéius. .
Oui , j’ai vu , malgré moi , Tibère tout entier.
ÀGH IPPINE.
Qui vous y forçait?
CNÉIUS
Lui, puisqu’il est notre maître; Lui , l’ennemi de Rome , et le vôtre peut-être ;
Lui dont la tyrannie irrite nos débats.
AGRIPPINE
Si vous étiez Séjan je ne répondrais pas.
Mais Cnéius , indocile au frein de l’esclavage ,
N’a point cultivé l’art de farder son langage ;
Vrai dans tous ses discours, par tant de liberté Il ne tend pas un piège à ma sincérité.
Toutefois que craint-il en sa faveur nouvelle ,
Quand Tibère me fuit, quand Tibère l’appelle?
Tout , j’ose l’avouer, jusqu a cette faveur