ACTE V, SCÈNE V
Et vous ne craignez pas les secrets de Pison.
Mais vous , pères conscrits , vous devez tout connaître : On vient de m’arracher du toit qui m’a vu naître ; J’entends partout les cris de ce peuple égaré,
Partout le nom d’un père aux insultes livré,
Partout Germanicus, Agrippine, vengeance,
Pison!... Sur l’empereur or garde le silence.
J’apprends que le sénat vient d’ètre convoqué;
J’accours : je n’aurai pas vainement invoqué Votre appui, la justice et nos lois tutélaires ;
Envoyez vos licteurs , vos tribuns militaires ;
Que l’accusé, couvert de votre autorité,
Sorte de son palais et parle en liberté ;
Sans délai devant vous ordonnez qu’il se rende :
Devant vous, sénateurs, que Tibère l’entende.
AGRIPPINE
Oui ; vous reconnaîtrez, j’en atteste les dieux,
Contre Germanicus un complot odieux.
C’est son ombre, c’est lui, c’est moi que l’on outrage.
TIBÈRE
Et César encor plus : mais il brave l’orage.
Rassurez vos esprits justement effrayés ;
Par moi-mème à l’instant des secours envoyés...
Des secours !
Qui?
CNÉIUS
AGRIPPINE
TIBÈRE
Séjan , la garde du prétoire.
TIBÈRE
Séjau !
Séjan !
AGRIPPINE
CNEIUS.
AGRIPPINE
Guerriers, c’est un jour de victoire.
Vous n’étiez point venus 4emander au sénat De venger un héros par un assassinat.
Et qui peut le venger, quaud sa veuve pardonne? Ne pensez pas, Cuéius , que je vous abandonne.
A de vils meurtriers opposons mes amis ,
Et l’aspect d’Agrippine , et les larmes d’un fils.
Le dieu se cache encor, mais je vois la victime : Pison pouvait subir un arrêt légitime :
Aux lois , à la clémence on voudrait l’enlever ;
Des secours de Séjan courons le préserver.
cnéius.
Agrippine , à ces traits on doit vous reconnaître. Courons; et que Séjan... Dieux! je le vois paraître.
AGRIPPINE
Quel est ce fer sanglant qu’ose agiter sa main ?