‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 72 sur 286 · ACTE II, SCÈNE II. g · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. g

Laisserez- vous périr Tlièbes qui vous vit naître?

TIRÉSI AS.

Je m’en remets aux dieux : ils feront tout connaître.

^EDIFE.

Cessez de prolonger ces importuns débats.

TinÉSIAS.

Vous l’exigez... mais non; je ne parlerai pas.

ŒDIPE

Si je ne puis fléchir ce silence implacable,

Du meurtre de Laïus je vous croirai coupable.

tirésias. , ,

Ah! puisqu’il est ainsi, puisqu’il faut révéler

Des horreurs qu’à jamais j’aurais voulu céler, Vous-même avez porté les lois qui vous condamnent; Sortez de ce palais que vos crimes profanent;

Fuyez, roi des Thébains; terminez nos revers :

C’est vous que , sur le mont redoutable aux pervers , A signalé du dieu la voix terrible et sainte,

De ces murs désolés vous qui souillez l’enceinte ; Vous, qu’au salut de tous il faut sacrifier;

. Vous, qui du grand Laïus êtes le meurtrier.

ŒDIPE

Moi!

LE CHŒUR

Grands dieux !

OEDIPE-ROI

OEDIPE

Qu’as-tu dit , prophète sacrilège ?

TIRÉSIÀS.

J’ai dit la vérité-, sa force me protège.

ŒDIPE

A m’accuser ainsi qui t’a donc èxcité ?

TIRÉSIÀS.

Vous, imprudent, vous-mème : en vain j’ai résisté.

ŒDIPE

Réponds; déclare enfin le nom de l’homicide.

TIRÉSIÀS.

Voulez-vous me tenter, ou me rendre timide?

ŒDIPE

Mettre un terme à nos maux , voilà mon seul dessein.

TIRÉSIÀS.

Je l’ai dit; de Laïus vous êtes l’assassin.

ŒDIPE

D’horreur et de courroux tout mon cœur se soulève.

TIRÉSIÀS.

Et que sera-ce encor, malheureux; si j’achève?

ŒDIPE

Qu’importent tes discours ? ils ne sont qu’un vain bruit.

TIRÉSIÀS.

Dans le lit nuptial le crime vous poursuit.

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