ACTE II, SCÈNE II
ŒDIPE
Tremble. D est des vengeurs de mon pouvoir suprême.
TIRÉSIAS
Apollon plus puissant se vengera lui-même.
* ŒDIPE. *
Ah! Créon veut régner, et voilà mon forfait.
TIRÉSIAS
Créon ne vous nuit point; vous seul avez tout fait.
ŒDIPE. • ‘
Gloire, empire, trésors, science de la vie,
Sans donner le bonheur vons irritez l’envie.
Ai-je envahi l’état? m’a-t-on vu sans pudeur Par la ruse ou la force assurer ma grandeur?
Thèbes m’a fait son roi; ma puissance vient d’elle :
Et Créon, cet ami que j’ai cru si fidelle.
Levant jusqu’à mon trône un œil usurpateur,
Déchaîne contre moi ce prophète imposteur,
Aveugle sur mon sort, sur le sort de l'empire,
Mais non. sur l’intérêt, le seul dieu qui l’inspire.
.Toi, prophète! et comment l’as-tu pu devenir?
Depuis quand? où lis-tu? d’où sais-tu l’avenir?
N’y peux-tu découvrir que d’horribles présages?
• Quand l’aigle à voix humaine infestait ces rivages, Quand il fallait sauver un peuple gémissant,
Pourquoi ton art divin restait-il impuissant?
TIRÉSIAS
Tirésias, des dieux révérant la puissance,