‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 76 sur 286 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE CHOEUR

D'où part-il ce forfait insigne Que le Tartare veut cacher?

Quel est-il l’assassin que Delphes nous désigne De son prophétique rocher?

H est temps qu’il se bannisse ;

C’est le jour de la justice;

Apollon d’un vain bruit n’a point frappé les airs : Et déjà sur le coupable Fond un bras inévitable Armé de feux et d’éclairs.

Des saintes hauteurs du Parnasse L’oracle est parti comme un trait :

Un taureau vieillissant, dans la sombre forêt, Vaincu, va cacher sa disgrâce.

Ainsi , loin des cités, le coupable aura fui, Cherchant d’un pied furtif un antre solitaire;

Mais l’arrêt prononcé dans les flancs de la terre S’élance et vole autour de lui.

Tirésias d’un parricide Accuse OEdipe , notre roi ;

Nous devons, en silence, attendre avec effroi Que l’avenir entre eux décide. ••

Mais d’un prince adoré des enfans de Cadmus,

0EDIPE-R0I.

Tout révèle à nos yeux l’infaillible innocence Dé Polybe, à Corinthe, il reçut la naissance : A-t-il jamais connu Laïus?

Voyant l’avenir sans nuage ,

Apollon lit au fond du cœur.

Rien n’abuse les dieux : le devin le plus sage Est homme et sujet à l’erreur.

O ciel ! instruit par toi-mème , Œdipe , d’un art suprême ,

En d’horribles dangers nous prêta le secours : Choisis une autre victime :

Comment soupçonner d’un crime Celui qui sauva nos jours ?

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