‹ Théâtre pour les écolesChapitre 62 sur 85 · Scène première PAUL, seul · texte numérisé non relu

Scène première PAUL, seul

PAUL

Pour attendre patiemment,

Ce coin du jardin est charmant.

Il y souffle une faible brise

Qu'un parfum d’œæillets rend exquise.

Me tenir longtemps en repos, Par moments placer à propos Un proverbe utile à connaître, Parler doctement, comme un maître,

uns (ES Voir le bonnet dont Michel-Ange est souvent coiffé dans les œuvres d'art qui le représentent, ou celui que Raphaël a donné au pape Jules H.

Voilà mon rôle. Je suis prôt.

Seule, ma sœur a le secret;

En déguisant ma voix, je pense Que les autres...

(Il s’interrompt brusquement pour écouter. Puis, après un moment d’attention:)

‘On vient. Silence!

Abstenons-nous d’avoir l’œil vif Et donnons-nous un air pensif.

(Tout en prenant un air grave et absorbé, il caresse lentement sa barbe comme pourrait le faire le Jérémie de Michel-Ange (1). Après un long moment de silence, Madeleine et Jeanne entrent lentement par la gauche tout en parlant, passent derrière Paul sans le remarquer, et s'arrêtent après avoir fait quelques pas. Elles sont au même plan que Paul ou un peu plus en arrière que lui. Madeleine, entrée la première, se trouve plus à droite que Jeanne par rapport au spectateur et à peu près dans l'axe de la scène. Leur conversation a continué sans interruption. Paul les écoute sans les regarder, à peu près immobile, une main couvrant sa bouche et sa moustache, ou les bras croisés, ou les mains sur les genoux, mais, en tout cas, évitant avec soin d'attirer l’attention sur sa personne de façon intempestive et de faire rire à contre-sens.)

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