DÉCOR
Ce que j'en ai dit dans la pièce pourra sembler ambitieux. Si l’on n’a pas sous la main un peintre habile, à la riche palette, on se fiera au plus puissant des décorateurs : l'imagination du public.
LA CHANSON FINALE
Elle doit étre enlevée avec une gaîté légère et pleine d’entrain; pour cela il ne faut pas chanter trop vite, mais bien rythmer, et avoir au cœur toute la joie que donne le Printemps aux âmes pures. Il faut, en outre, chanter en voix de tête, en petite voix claire, en vraie voix d’enfant, et non pas en grosse et horrible voix de gorge ou de poitrine. Il cst entendu que, si les acteurs n’ont pas de voix, ils n’auront qu'à ouvrir la bouche en mesure. Les choristes ne sont pas là pour des prunes,
4 mes petites amies Sonia, Olga et Jacqueline.
AVERTISSEMENT
. Voici la seule petite « comédie bourgeoise » de ce recueil et, je crois, de toutes les œuvres de l’auteur. Le merveilleux n’y joue aucun rôle; aucun animal n’y tient des discours; on n’y chante même pas; on n’y danse ni la bourrée, ni le rigodon, ni le bal ni le « pitistoup ». Quelque peu d’observation, un grain de fantaisie, de la gaîté quand il en faut, du naturel toujours, voilà les qualités dont pourront faire preuve les jeunes interprètes. Ce seront trois fillettes et deux garçons, à moins qu'on ne préfère, pour les rôles de Paul et de Michel, deux fillettes en travesti. Dans une école de filles, cela simplifie les choses ; mais, personnellement, je préférerais deux garçons bons comédiens.
Je ne suis point d'avis que l’on mette tous ses œufs dans le même panier. Je regrette que, dans un grand nombre de fêtes sco:aires, on entasse deux ou trois pièces quand une suffirait. Le reste de la séance pourrait être occupé par des récits, des chants, de la musique, des tableaux vivants, des exercices de gymnastique rythmique, des « chansons animées », de belles danses, le tout présenté ou relié par un peu de causerie : car les pièces vraiment jouables par de jeunes amateurs ne courent pas les rues, il faut en être économe, et, quand on en tient une qui vous paraît digne d’être mise à la scène, il faut la monter et la jouer le mieux possible, ce qui demande toujours beaucoup de temps et de soin. Cependant, en ce qui concerne la microscopique bluette que voici, j’accepterais volontiers qu’elle servit de lever de rideau à une pièce plus importante, ou qu'elle
- suivit une ou deux récitations dialoguées, comme par exem-
ple, la scène des Bavardes ou celle de La Rissole et de Merlin dans le Mercure galant de Boursault.
Je ne renvoie pas le lecteur à des Indications pratiques, en ce qui concerne Monsieur Proverbe : cétte piécette con-
tient, mêlées à son texte même, toutes les indications nécessaires pour la bien interpréter.
PERSONNAGES
PAUL. Z
garçons de onze à treize ans.
MICHEL, 3 MADELEINE, sœur de Paul,
| fillettes JEANNE, à : .
de onze à treize ans.
MARTHE
Le théâtre représente un jardin attenant à une maison, dans n'importe quelle ville de France.
De nos jours, au mois de mai.
Au lever du rideau Paul est assis sur une chaïse de jardin, tout à gauche par rapport au spectateur, au premier plan et face au publie. I a de grandes besicles, une barbe blanche tombant jusqu'à la ceinture, et il est coiffé d’un bonnet de velours. Ce bonnet emboite bien le crâne ; il couvre entièrement les cheveux au-dessus du front et sur les côtés ; par derrière, jusqu’à la nuque. Il cache aussi les oreilles (x). Paul peut avoir quelques rides faites au crayon bleu. Tout son corps est enveloppé dans une vaste robe de chambre aux larges manches, d’une couleur unie, plutôt sombre, et il porte des pantoufles d'’étoffe.