I.IC CUISINIER, rêvant
Frangipane! Frangipane! maudit gamin!
FRANCIPANE, très vite, en rêvant.
Voilà, voilà, voilà !
LE CUISINIER, rêvant.
Passe-moi les godiveaux.
FRANlilPANE, rêvant.
^'oilà, )i;di'()n.
LE CUISINIER, rêvant.
OÙ étais-tu encore, maudit gamin? A regarder par la fenêtre les tours du jongleur, ou à tremper tes doigts dans mes sauces pour les lécher ensuite?
RONDACIIE.
C'est si naturel!
LE MAJOnnOME, rêvant.
Quant à moi, madame la princesse, voici l'hûnime que je suis : je pique mon faisan avec une fourchelle assujettie dans ma main gauche; j'élève mon rôti en l'air; d'un couteau souple et affilé je détache mes quatre membres, qui tombent gracieusement dans un plat de vermeil oii ils se disposent en couronne...
RONDACHE
Voilà des dormeurs bien éveillés. A moins que ce ne soit moi qui dorme debout.
FRANGIPANE, rêvant.
Pas du tout : c'est toi qui m'as chipé mes billes!
RUNDACIIE.
Ah çà! vous n'allez pas me laisser tranquille, tas de bavards que vous êtes? Tâchez donc un peu de dormir consciencieusement.
(Tous se mettent à ronfler avec un liruit terrible.)
Autre musique. Ma foi, faites comme il vous plaira, et allez tous au diable!
(Ils cessent de ronfler.) PREMIER SUISSE.
Chantons quelque petite chausse.
RDNDACIIE.
Bonne idée. Pendant ce temps-là, je ferai mes confidences au souper de la princesse. Xe vous occupez pas de moi ; j'ai un petit déménagement à faire.
(Pendant le premier couplet de la chanson, il va chercher la table sur laquelle est l'en-cas de nuit et Tapporte sur le devant de la scène. La table est toute servie, sauf en ce qui concerne la boisson. Tout en chantant, les Suisses ont les yeux fermés ; ils marquent la mesure avec leurs pieds.)
LES DEUX SUISSES, chantant '.
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C'est il coups te hâllepàrte.