‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 134 sur 203 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

0 belles, puissiez-vous être un jour éveillées Par un beau jeune prince au cbapeau ceint de fleurs! S'il manque au rendez-vous, dansez sous la i'euillêe Au chant des violons et des oiseaux siffleurs !

(Danse finale. — Rideau.)

INDICATIONS PRATIQUES

PKRSONNAGKS KT COSTUMES

La Fée aux perles. — C'est de beaucoup le role le plus important. Il faut de Tautorilé, du charme, une grande souplesse; le ton varie souvent et ])asse trrs vile de la plaisanterie ou même de la gaminerie à l'émotion intime, au lyrisme, et, pour un passage, à la gravité religieuse. En outre, la Fée simule, au second tableau, la démarche et le parler d'une très vieille femme.

Elle doit avoir une jolie voix de mezzo soprano, ou tout au moins une jolie voix; car on pourrait transposer au-dessous du ton écrit les deux airs qu'elle chante au premier et au second tableau. En ce qui concerne le passage qu'elle chante seule dans le chœur final, il est impossible de le transposer à moins de transposer le cho'ur lui-même, qui peut tout au plus être baissé d'un demi-ton (la naturel au lieu de si bémol). Si la Fée n'avait pas la voix assez haute pour donner franchement le fa naturel et le sol en passant, on pourrait la faire remplacer dans ce solo par Pâquerette ou Mésange, à la condition que cela fît éviter une transposition. On pourrait encore faire chanter le passage désigné comme solo j)ar la Fée et les deux jeunes filles, plusieurs voix réunies ayant moins de peine à donner les notes hautes. Mais le mieux sera de se conformer, s'il est possible, à ce qui est écrit.

Il ne sera pas malaisé de vêtir la Fée aux perles conformément à son nom, de satin blanc ou crème, ou de (juelque nuance nacrée, avec coiffure, collier, bracelet, ceinture et garniture de perles, sans lourdeur, mais de fa(;on (ju'il y en ait un peu partout. Il va de soi qu'aux lumières de la rampe des perles à très bon marché ont toute la beauté souhaitable. J'ai parlé de satin, mais il y en a de qualités très diverses, et toutes sont bonnes pour nous. Encore s'agit-il bien moins de réalité (jue d'illusion à produire. J'ai vu, à l'école normale de Nîmes, des jeunes filles jouer une comédie féerique, exigeant de rares et merveilleux costumes, avec de fort jolies robes en papier. L'harmonie du

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vc'lenient est ici la clioso essentielle, et tout doit y concourir; la baj;uettQ de la fée doit être argentée, non dorée. Corsage un i)eu ouvert, robe courte sans excès. Nous ne sommes pas au Chàtelet OM il la l'orte Saint-Martin.

L.\ Bellk au bois dou.ma^t. — Son juemicr devoir est (Kétre belle, c'est-à-dire de le paraître. Si elle possède la grûcc « plus belle encor que la beauté », nous ne mesurerons pas l'ovale de son visage, ses yeux ne seront jias obligés d'être fendus en amande, et son nez lui-même aura droit à quelque aimable fantaisie. Le rôle n'est i)as difficile. La voix doit être agréable en [larlant; il faut de la grâce dans les gestes, une tendre émotion dans les quehjiies paroles dites par la Belle à son réveil.

Elle chante seulement dans le chœur linal; c'est dire que l'on pourrait, à la rigueur, choisir pour ce rôle une jolie personne disant bien et dont la voix, comme chanteuse, serait tout à fait insuffisante.

On habillera la Belle comme on le jugera à propos: je l'imagine en corsage et robe de soie bleu tendre, avec quel(|ues petites roses-de-mai formant une coilfurc tiès légère, à peine in(li(|uée, une toulfe des mêmes roses au corsage, et; si l'on veut, (juel- ([ues-unes encore au bas de la robe, qui sera, de préférence, à hmgue traîne. Je voudrais le corsage et la robe tout à fait simples et unis, sans aulre ornement (|ue ces roses. Quant à la coupe du vêlement, on se ra|)procliera des modes du xv" siècle. Taille longue et mince. On doit être en avance d'un siècle sur les modes du xvi" siècle, que suit le prince Florizel. Tout cela très aj)proximalivement.

Mésanou. — Un peu jdus décidée, un i)eu plus vive quw Pà([uerelle, ell» doit avoir, comme son amie, le charme exqufs de la jeunesse. On ne l'a pas toujours par le seul fait (ju'on es* jeune; mais je b9 demande rien d'autre à Mésange, sinon un joli petit lilet de voix, assez souple pour qu'après avoir chanté la mélodie d'une chanson elle y fasse (dans le même Ion) la seconde l)artie.

Un mélange de jaune et de bleu fonce dans son costume pourrait rappeler h^ i)lumage du charmant petit oiseau dont elle porte le nom. Une sorte de béguin en vehuirs bleu dessinerait bien la tête de la mésange.

Paqukuktte. — Un peu plus délicate, un peu plus timide (juc Mésange. Jolie i)etite voix claire. Robe légère, printanière, à fond blanc et à fleurs, rappehint la pâquerette bordée de rose.

Dame Tourtk. — Personne mûre et réharbalive; ce i)ourrait à la rigueur être un homme, dans une troupe mixte. Si la pièce est jouée exclusivement par des jeunes filles, celle à qui sera confié le rôle de Dame Tourte aura le courage de s'enlaidir franchement. l*(!rsonne acariâtre et hautaine, (pii symbolise toutes les vanités du Protocole. Dame Tourte ne chante pas.

LA liKLLK AT lîni»^ DOItMA.NT 195

Four la viHir, on [luurr.iil copier sans alléinjalinu un i,oslunio du xV ou xvr si('cl(>, riche ot soiiibro, raidc vt posant, où elle serait noblement enj;oncée. Elle porte un chapeau de fantaisie, à larges bords, dont la coiiïe a la forme d'un cylindre évasé par le haut. Ce chapeau est ou est censé être en velours; on peut y ajouter une boucle, une plume, un ornement qui en achève le ridicule. Du reste, un prand voili' sombre couvre le chapeau et le visage de la bonne dame, de fa<,-on qu'elle attire peu l'attention avant le moment où elle doit se dresser en sursaut. Une fois éveillée, elle peut faire rire un instant par sa mise; mais son intervention est dramatique; il y a un fond sérieux dans la dispute entre la Convenance incarnée et la grande Fée bienfaisante, dont le vrai nom est Nature.

Le Petit Chahehon Uoloe. — Minois très éveillé, naïf et malicieux. Par convention, ce peut être une flUelle de quatorze à quinze ans, mais il vaudrait mieux qu'elle n'en «ùt pas plus de douze. Elle doit avoir la voix juste et agréable, un babil naturel et amusant, beaucouj) d'entrain.

Costume de petite i)aysanne, avec de jolis sabots. Jupe courte. Le corselet d'une couleur et la jupe d'une autre, le chaperon rouge étant la note la plus vive du costume, à moins que la jupe aussi ne soit rouge, ce qui me plairait bien. On trouvera des indications nombreuses pour un vêtement de ce genre dans les notes qui suivent notre Première vision de Jeanne d'Arc.

Florizel. — Rôle de jeune homme, si l'interprétation comporte des acteurs; sinon, ce sera un travesti, de même que tous les rôles dont il me reste à parler i. Florizel doit avoir un visage aimable, des manières nobles et aisées, avec un mélange de vive décision pour alîronter le péril et de tremblante émotion devant l'amour. Si le rôle est tenu par une jeune fille, «Jle devra être grande, un peu mince, élancée. Elle ne portera point de barbe postiche, à moins que ce ne soit une ombre de moustache et un soupçon de barbe naissante. Je rappelle en passant que les barbes doivent toujours être collées, jamais accrochées aux oreilles 2.

Florizel n'a pas besoin d'être chanteur ou chanteuse; il ne chante que dans le chœur final: mais, en revanche, il doit, homme ou femme, avoir en parlant une voix très musicale.

Le costume du prince a une très grande importance. Son chapeau est de feutre gris, souple, à larges bords, genre Rubens ; il est paré de Heurs qui occupent la place où l'on pourrait mettre un panache, c'est-à-dire la moitié gauclie du bord, et la grappe de fleurs doit déborder un peu en arrière. Il y a des primevères

1. Même dans une troupe mixte, Florizel pourrait, à la rigueur, être joué en travesti.

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