‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 136 sur 203 · MOBILIER ET ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

MOBILIER ET ACCESSOIRES

11 faut au premier Itihleaii : un lit richement drapé, sur lr(|U('l repose la Belle, ayant des coussins en guise d'oreiller; deux fauteuils, dont l'un avec un coussin, pour Furet, et d'autres coussins pour Pâquerette et Mésange.

La Fée a sa haguelte à la main.

Dame Tourte a un voile sur la lèle.

Au second tableau, la Fée, déguisée en vieille femme, a une grosse canne et un manteau à capuchon; elle aura ])lus tard sa baguette.

Florizel entre portant un gros fagot. 11 a son épée. Son chapeau lui sera remis par Rondaclie.

Rondache a son épée. ,

Le Petit Chaperon Rouge porte un petit panier à anse. La fillette en relire quehiues noisettes sèches.

Au troisième tableau, il faut cinq sièges. On utilisera, si l'on veut, les fauteuils du premier tableau en y ajoutant des chaises. Elles pourraient être en cuir, à dossier haut et plein; mais on prendra ce qu'on aura. Les Suisses ont leurs hallebardes.

Au fond, masquant en partie la cheminée (qui pourra être peinte en trompe-l'œil ou tout à faire imaginaire) une rôtissoire laisse apercevoir des volailles et des gibiers (faisans et perdri.x) embrochés et dorés par la cuisson. On tâchera de se procurer des volailles en cart(tn. Le feu est éteint.

Près de la rôtissoire il y a une petite table sur Uuiuelle on a disposé un en-cas de nuit : volaille froide et jambon dans un plat de métal ou de faïence, un petit pain, un couvert. Tout ceci parfaitement réel et naturel.

Par terre, auprès des Suisses, deux bouteilles vides et une lileine de vin rouge, avec deux gobelets. On tâchera d'avoir des bouteilles larges et trapues. En tout cas, il ne faut pas de litres!

Florizel a son chapeau et son épée, qu'il tient à la main en entrant.

Rondache a son épée et un petit bouclier rond.

Au ijuatrième tableau : même mobilier (ju'au premier; des lleurs partout.

Flori/.el n'a ni ciiapcau ni épée.

Le Petit Chaperon Rouge a des (leurs à la main, pour les (dfrir à la Belle.

i{(Uidaclie aura, en ciilr.inl. son i'|ié<' à la main: le Cuisinier cl Frangipane liendroiil l'iiii une lnnchc. l'autre une brochette.

LA Blîl.LE AU lîOIS DOU.MA.Nï 199

(Iw'il.N passeront clans la ceinture de leur talilier au moment où Hondaclie mettra son épée au fourreau. Les Suisses ont leurs lialk'hardes.

La Fée a sa baguette.

Dame Tourte oto et jette son voile au moment où elle sï-veille en suri*aut.

DICTION

Il y aurait trop à dire. On remarquera cependant que la pièce est écrite en vers et en prose. La prose doit avoir son harmonie; mais le rythme précis, le chant, l'eirusion lyrique ne sont pas de son domaine. Toutefois il y a bien des nuances; à certains moments il semble que la prose va prendre son vol, tandis ([ue, d'autres fois, le pied lé^er de la poésie eflleure la terre. L'enthousiasme poétique ne doit jamais exclure le naturel, la vérité de la diclion: la mélodie du vers lyrique n'est pas la monotone redondance du sermon ou du -plaidoyer; mais, d'autre part, le chant contenu dans toute poésie peut être quelquefois réduit à un minimum, et le ton doit se faire tout simple et familier en des vers comme celui-ci :

Qucst-cc nue vous voulez? Ou u'cst jamais coûtent;

vers de comédie, vers pédestre, «lue pourrait suivre un brus<iue coup d'aile.

Inversement, la prose a le droit de rêver un instant, de cueillir une flear et d'écouter un oiseau. Elle se laisse pénétrer de poésie lorsqu'elle dit :

... Alors il me sembla que ma bicn-aimée était proche; je posai un

rapide baiser sur les fleurs ; une épine toucha ma lèvre, et quelques

gouttes de mon sang changèrent en pourpre ardente la neige virginale du buisson...

Mais, comme la prose ne peut (juiller le sol que pour un moment, sous peine de forcer son talent et de ne rien faire avec grâce, une réplique immédiate :

N'empêche que je suis moulu de fatigue...

nous ramène à la réalité.

Je m'en tiendrais volontiers h ces observations générales; mais, si j'en crois mon expérience, il n'est pas inutile de rappeler : t" qu'un arrêt n'est pas toujours possible à la lin d'un vers quelconque, ni surtout au milieu d'un vers de douze syllabes; 2° (jue la ponctuation écrite ne correspond pas forcement au.K pauses de la diction; 3" qu'il faut appuyer sur les mois vivants et expressifs, mm sur les mots de prnmmaire (comme

les pronoms relatifs) qui constituent Fossature lopitjuc de la phrase. Par exoiiiplc, dans les vers suivants :

C'est bien,

Oui, mais ce n'est pas tout, et, quelquefois, j'envie L'être éphémère qui, dans sa goutte de vie. Peut voir se réflécliir tout le ciel un instant I

il ne faut pas d'arrêt après /chiuV; il faut un accent sur la der- . nière syllabe d'cphcmèrc, et un petit arrêt après ce mot: s'arrêter sur (/(// serait odieux; enlln, le dernier vers doit être dit sans aucun repos après la sixième syllabe; et si, dans l'intérieur de ce vers, on mettait de petits accents, ils devraient tomber sur voir et sur ciel.

MUSIQUE

11 faut un accompapiinteur très sur, bon pianiste, connaissant bien la jtartition et pouvant faire sipne aux chanteurs.

Le piano peut être placé au bas de la scène — sufMsamment élevée pour que l'instrument ne cache pas les acteurs — et au milieu, de fa^on que, dans les chœurs, les exécutants entendent éfralement bien le piano à droite et h ^auclie. Si la scène est ])eu élevée, on i)lacera l'inslrument à l'extrémité droite ou f;auche. On pourrait encore le mettre dans la coulisse, mais en s'assurant que le i)ianiste et les acteurs s'entendent réciproquement.

Les mélodrames doivent être joués pirifilssimn jiour ne pas couvrir la voix des récitants. Je recommande rciu[iioi de la pédale douce, et au besoin remmaillottemcnt du piano dans une couverture.

On attachera la plus fcrande importance à commencer et ii linir exactement les passades de musique aux endroits spécifiés. Ce travail de précision exigera plusieurs répétitions.

La partition contient toutes les indications nécessaires de mouvement, de nuance et d'expression.

Les reprises du chœur, dans la chanson ipii teimine le troisième acte, sont écrites à deux parties; mais il n'y a aucun inconvénient à les chanter à l'unisson.

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