‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 147 sur 203 · I.V KÉE, sur un ton frai et familier · texte numérisé non relu

I.V KÉE, sur un ton frai et familier

Il s'agit maintenant, mignonne,

De fliabiller à peu de frais.

Hcau satin chatoyant et frais,

Fin velours, dentelles lleuries,

Or, argent, perles, pierreries,

Avec celte baguette-ci

J'en ai tant que je veux... Ainsi

Tu seras vêtue en princesse.

Mais à minuit le charme cesse :

Quand les douze coups sonneront,

Depuis les roses de ton front

Jusqu'à tes clairs souliers de verre.

Ainsi qu'une brume légère

Ta splendeur s'évanouira,

Et Cendrillon redeviendra,

Sans que ma baguette rcfïleure,

L'humble enfant qu'elle est à cette heure.

Tâche donc de fder sans bruit,

Ma belle, avant qu'il soit minuit.

Oui, marraine.

LA FÉE

Tu m'as comprise?

C'est avec cette robe grise (Dont je ne dis, certe, aucun mal) Que tu serais vue en plein bal.

CENDRILLON, vivement.

Je n'y tiens pas !

LA FÉE

Quant au carrosse, Attelé non de tristes rosses, Mais de coursiers fiers et légers, Nous l'avons dans le potager :

Un potiron fera l'affaire.

On prendra dans la souricière Ouatre frétillantes souris

Pour en faire des chevaux gris.

Si nous trouvons dans la ratière Un maître rat de mine altière, Nous le changerons en cocher :

Je saurai bien l'empanacher.

Enfin six lézards, gens alertes, Bien pris dans leurs casaques vertes, Deviendront nos valets de pied.

Vite suspendus, comme il sied, Derrière la riche voiture.

CENURILLOX, battant des mains.

0 la merveilleuse aventure!

(Réflexion soudaine :)

Mais qui cliangera tout cela En beau carrosse de gala, En cocher, en...

LA FEE, l'interrompant.

C'est ma baguette!

(Au pulilic :)

Votre malin regard me guette; Vous pensez : « Nous allons bien voir Si cette fée a le pouvoir Surprenant dont elle se vante. »

Mainte personne très savante Dit : « Je n'en croirai que mes yeux. » Alors, tant pis pour vous, messieurs; Car j'opère dans la coulisse.

Pour qu'un miracle s'accomplisse.

Il faut — sachez-le maintenant — Qu'il n'ait pas de témoin gênant.

On le fait dans un grand mystère; Puis, pour en instruire la terre, On déchaîne le carillon!

(Trauquillomout :)

Viens, ma petite Cendrillon.

(Elle pose sa main sur l'épaule de Cendrillon et renimèno vers la porte du fond. Rideau.)

CliNDItlLLON 219

ACÏb: II

Vn salon dans le palais du roi. Des plantes et des fleurs. Vers le milieu de la pièce, un sofa. Autres meubles (.'à et là. A gauche, porte donnant sur les salons où l'on danse; à droite, porte donnant sur un vestibule.

Dés (lue les trois coups sont frappés, on commence le prélude. Un peu avant qu'il soit achevé, on écarte le rideau.

Après un court moment de silence, la reine entre par la gauche, s'avance avec précaution, constate que la pièce est vide et fait un signe en se tournant vers la gauche.

Le roi entre par ce côté.

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