‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 167 sur 203 · SCENE III P.ERTIIR, cendrillon · texte numérisé non relu

SCENE III P.ERTIIR, cendrillon

BERTIIE, avec une gaîté railleuse.

Croirais-tu, Cendrillon, que Mathilde, malgré Ses vingt-huit ans sonnés et sa mine bourrue,

S'est niaisement figuré

Que notre beau prince est pour elle?

Je ne veux pas être cruelle; Mais chacun de ses gros orteils est un boudin.

Pendant une heure, ce matin, Elle a trempe ses pieds dans l'eau glacée

Pour les amenuiser un peu...

(Sérieusement :)

Je veu.K bien t'en faire l'aveu :

Je pense être la fiancée.

Car enfin j'ai le pied convenable...

CENDRILLON", avec une légère ironie.

Oh! charmant. Mais le prince est épris, dit-on, de l'étrangère; En épouscra-t-il une autre, simplement

Parce que le soulier de verre La chaussera tout juste?

BERTIIE

11 l'a fait proclamer.

La princesse, d'ailleurs, ne iïit guère polie De le planter là. Bref, s il persiste à l'aimer, Ce sera bien pure folie.

(D'un air malin :)

Mais fin sourire et petit pied Peuvent beaucoup : le prince aura vite oublié Celle qu'il entrevit à peine.

CENDRILLON, d'un air innocent.

Elle est jolie?

BERTIIE

Pas trop mal.

(Frappée par une idée subite, en regardant Cendrillon : )

Tiens! c'estdrôle... Ondirait...0ui,mafoi!

Quoi donc?

BERTIIE, étonnée de sa découverte.

Tu lui ressembles !

CENDRILLON, paraissant très surprise.

Moi?

BERTIIE, riaiit.

Dame ! en beaucoup moins bien, comme tu le supposes.

CENDRILLON, avec un sourire.

J'en suis heureuse, malgré tout.

BERTHE

Enfin, si le prince a bon goût, Je crois, sans me flatter...

(Elle s'arrête.)

Mais, pendant que je cause.

L'heure passe, et voici venir Le solennel instant. Je n'y peux plus tenir, Et je descends jusqu'à la porte.

(Elle sort vivement par le fond.)

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