‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 174 sur 203 · SCÈNE XI BERTHE, CENDRILLON, GALAOR · texte numérisé non relu

SCÈNE XI BERTHE, CENDRILLON, GALAOR

CENDRILLON, avec angoisse.

Quel silence !

(Galaor fait encore un pas vers elle et la regarde comme en extase.) GAL.^OR.

Tourne vers moi tes yeux bénis ; Illumine les miens de leur clarté céleste !

C"est toi, c'est bien toi, je Tatteste.

Ma joie est de le proclamer :

Dès le premier regard tu pris toute mon âme ;

Et c'est toi qui seras ma femme.

Si vraiment tu me fais la grâce de m'aimer!

l,Cendrillon s'est lentement tournée vers Galaor.) CENDRILLON, profondément émue.

Telle que me voilà, messire.

Telle je resterai. Comment m'aimeriez-vous ?

GALAOR

O Cendrillon, si je t'admire.

Si je t'aime, c'est pour ton délicat sourire,

Pour ton visage pur et doux.

Pour ce qui m'apparaît de ton âme chérie

Dans ton regard et dans ta voix.

Telle qu'ici je te revois, Sans riches vêtements, perles ni pierreries.

Je t'adore; et j aime bien mieux

Cette modeste robe grise

Que tous les brocarts somptueux, Car elle rend pour moi ta grâce plus exquise

Et ton charme plus pénétrant.

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BERTllE, à part, avec stupeur.

Tout cela, certes, me surprend.

CENDnil.LON, hésitant.

Oserai-je, à mon tour...

(Elle s'arrête.) GALAOR.

Parle, je t'en supplie 1

CENDRILLUN, d'une voix tremblante.

Puis-je savoir quel est le serment qui vous lie?

CiAL.VOR, remarquant la présence de Bertho.

On nous écoute.

(Bertlic s'avance, très inquiète, mais en s'efl'orçant de caolier son trouble sous u«e animation factice.)

BERTllE.

Ah ! c'est avec bonheur, Cendrillon, que j'apprends ta joie inespérée.

Toujours je t'ai considérée,

N'est- il pas vrai? comme une sœur.

Mathilde contre toi se déchaînait sans cesse; Mais tu n'oublieras pas, quand tu seras princesse,

Combien je lui ressemblais peu...

CENDRILLON, avec émotion, mais d'une voix ferme.

Aucune de vous deux ne m'a beaucoup aimée.

Je le sais trop; mais moi, princesse ou non, je veux

Que tout soit oublié d'un passé douloureux.

Amenez donc ici Mathilde enfin calmée :

Je vous embrasserai, Herthe, — toutes les deux.

(Berthe, ayant perdu ce qui lui restait d'assurance, salue Cendrillon et le prince, et sort à droite, toute troublée.)

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