De gauche à droite : Ino. Tliéano, Nausicaa
TIIÉANU.
On dirait même qu'il est plus grand.
NAL'SICAA.
Je me figure ainsi le roi Zcus fulgurant.
INO
Pareils à rhyacinlhe où le vent frais se joue, Ses beaux cheveux bouclés retombent sur sa joue.
TIIÉANO.
Ainsi qu'un ouvrier habile et diligent, Instruit par Athènè, répand l'or sur l'argent Pour accomplir une œuvre admirable et parfaite, De même un dieu, sans doute, épanche sur sa tète Cette majestueuse et sereine beauté.
ULYSSE, aux jeunes filles qui l'entourent.
0 vierges, dans votre île est-ce déjà lété? Voici de nobles fruits.
■ Il retire un fruit de la corbeille pour l'admirer.) MESSÉIS.
Le printemps nous les donne, Et l'hiver est aussi fertile que l'automne Sous notre ciel heureux.
DIGNE
Bientôt, dans le verger DAlcinoïis, qui règne en cette île, étranger. Tu pourras admirer des arbres pleins de gloire Où la pomme succède à la pomme, la poire A la poire, et les fruits de toute sorte aux fruits; Sous la splendeur des jours, à la fraîcheur des nuits, Dans toutes les saisons, sans repos ni fatigue, Mûrissent la grenade et l'olive et la figue.
CLIMÈNE
Quand la vigne est en Heur sur tel point du verger, Ailleurs la grappe est verte ou bonne à vendanger; On la foule plus loin dans les cuves de pierre.
DIGNE
Veux-tu goûter le vin"?
(Elle donne à Ulysse la coupe, que Climène emplit de vin;) ULYSSE, regardant le vin couler.
Il est plein de lumière.
CLIMEN'E, achevant de vider l'amphore.
11 en reste bien peu, tu le vois.
ULYSSE
C'est assez Pour rendre quelque force à mes membres lassés.
(Il se lève.)
O roi Zeus, prends ta part de ce vin de Schérie, Que pour toi je répands sur la terre fleurie.
(II penclio la coupe comino pour en faire tomber quelques gouttes ; puis il reprend :)
Accepte mon offrande, ô Puissant, et bientôt Daigne me ramener dans ma patrie !
(Il vide la coupe, que Dionc reprend. Toutes les jeunes filles ont écouté très attentivement. Messéis va replacer sa corbeille derrière la pierre ; Climène et Dioné, l'amphoro et la coupe ;ï l'eniiroit où elles les ont prises : puis toutes les trois, un iieu en arrière, forment un i;ronpe entre la î^'auchc et le centre de la scène. l
INO
11 faut Qu'avant de nous quitter tu connaisses notre île. Ici, pour tous, la vie est joyeuse et facile.
(Ulysse s'approche du groupe do droite; il se trouve ainsi entre les deux groupes.)
TIIÉAXU.
Les Phéaciens, issus des dieux, n'excellent pas, Nous l'avouons, dans l'art funeste des combats; Mais ils ne craignent rien quand, sur les hautes lames, Volent comme l'oiseau leurs nefs aux longues rames. La mer n'a jamais vu d'aussi fiers matelots.