‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 7 sur 203 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

(Le rideau étant écart<', on voit l'Odyssée, déjà en place et immobile. Elle est coiffée du bonnet particulier au>: marins grecs, vêtue d'une robo et dun manteau de nuance vert pâle, et appuyée sur une haute rame, dont elle tient le manche et dont la partie large repose sur le sol. Elle salue et parle :;

Après dix ans passés devant Troio, qui ne fut prise que pràce il un stiatafiiTHc iniajriné par lui; après dix autres années, pleines d'aventures, de périls et de souffrances, Ulysse, ayant pu quitter l'ile où la nymphe Calypso avait cherché à le retenir pour toujours, espérait revoir eniin la pauvre Ithaque, sa patrie, et les êtres chers ([u'il y avait laissés vingt ans auparavant. Depuis di.x-huit jours, il naviguait, seul, sur un radeau, quand Poséidon, qui soulève la mer avec son trident, l'aperçut tout à coup, en revenant d'un long voyage qu'il avait fait. Irrité contre Ulysse, — parce que le héros, s'armant d'un pieu rougi au feu, avait crevé l'œil unique de Polyphèrae, le monstrueux Cyclope, lils de Poséidon, — ce dieu déchaîna une tempête formidable, qui entraîna Ulysse vers des régions inconnues. Enfin, après avoir bien des fois échappé <ï une mort qui semblait certaine, le naufragé, avec la protection de la sage déesse Pallas Athènè, put aborder dans l'île de Schérie, terre des Phéaciens.

Figurez-vous que vous êtes dans cette île. Vous avez en face de vous la berge élevée d'un fleuve à son embouchure. Dans Therbe abondent les fleurs odorantes: ix votre gauche, il y a des buissons de lentisques, de myrtes, de lauriers-roses; à votre droite, quelques oliviers noueux et massifs. Au fond, sur votre gauche, vous devez apercevoir (du moins avec les yeux de l'esprit) un coin de mer bleue, vue de haut et de loin. Si Je reculais jusqu'au fond de la scène, je pourrais voir, dans la direction opposée, le bord verdoyant du fleuve. Je distinguerais même, à mi-chemin, un fourré très épais, formé par les rameaux

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