SCÈNE II
(Très courte phrase musicale '. La Fée se redresse vivement, jette sou bâton et se débarrasse du manteau qui l'enveloppe.)
I,A FÉE, seule.
Ah! je respire cnlin. Le temps m'a paru long.
J'ai bien cru que j'avais cent ans pour tout de bon.
iKUe refrarde du côté par où Florizel est sorti.)
Quel brave cœur! Il est digne de ma fiUeide.
(Une pause assez longue.)
Moi, pauvre fée, hélas! je serai toujours seule; Pas un ne me dira sa tendresse, tout bas; Il paraît que l'amour ne nous regarde pas. Sans doute nous avons la baguette magique; Les grelots du muguet nous sonnent leur musique; Danser, rire, chanter, j'accorde que c'est doux, Et la pensée humaine est moins prompte que nous; Nous ne redoutons rien de l'aveugle fortune; Nous dormons, s'il nous plaît, sur un rayon de lune; Libres dans notre immense empire aérien, Nous avons la jeunesse immortelle... C'est bien, Oui, mais ce n'est pas tout; et, quelquefois, j'envie L'être éphémère qui, dans sa goutte de vie,