‹ Théâtre. Préfaces et notes de M. MornetChapitre 100 sur 133 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

AGAMEMNON, ULYSSE, EURYBATE EURYBATE

Seigneur...

AGAMEMNON

Ah! que vient-on me dire?

EURYBATE

La Reine, dont ma course a devancé les pas, Va remettre bientôt sa fille entre vos bras. Elle approche. Elle s'est quelque temps égarée Dans ces bois qui du camp semblent cacher l'entrée. A peine nous avons, dans leur obscurité, Retrouvé le chemin que nous avions quitté.

AGAMEMNON

Ciel!

EURYBATE

Elle amène aussi cette jeune Ériphile, Que Lesbos a livrée entre les mains d'Achille, Et qui de son destin, qu'elle ne connoît pas, Vient, dit-elle, en Aulide interroger Calchas. Déjà de leur abord la nouvelle est semée ; Et déjà de soldats une foule charmée, Surtout d'Iphigénie admirant la beauté, Pousse (1) au ciel mille vœux pour sa félicité (2), Les uns avec respect environnoient la Reine ; D'autres me demandoient le sujet qui l'amène. Mais tous ils confessoient que si jamais les Dieux Ne mirent sur le trône un roi plus glorieux, Également comblé de leurs faveurs secrètes (3), Jamais père ne fut plus heureux que vous l'êtes,

AGAMEMNON

Eurybate, il suffit. Vous pouvez nous laisser. Le reste me regarde, et je vais y penser.

(i) Pousser était un verbe à la mode qu'on employait dans une foule d'expressions {pousser des prières, des larmes, etc.).

(2) Passage imite d'Euripide.

(3) Secrètes = privées (par opposition à ptibliques, politiques). C'est le sens du latin secretus.

IPHIGENIE

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