‹ Théâtre. Préfaces et notes de M. MornetChapitre 2 sur 133 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANTIOCHUS, ARSACE

ANTIOCHUS Arrêtons (1) un moment. La pompe de ces lieux, Je le vois bien, Arsace, est nouvelle à tes yeux. Souvent ce cabinet superbe et solitaire Des secrets de Titus est le dépositaire. C'est ici quelquefois qu'il se cache à sa cour, Lorsqu'il vient à la Reine expliquer son amour. De son appartement cette porte est prochaine, Et cette autre conduit dans celui de la Reine (2). Va chez elle : dis-lui qu'importun à regret J'ose lui demander un entretien secret.

ARSACE

Vous, Seigneur, importun ? vous, cet ami fidèle

Qu'un soin si généreux intéresse pour elle ?

Vous, cet Antiochus son amant (3) autrefois ?

Vous, que l'Orient compte entre ses plus grands rois ?

Quoi ? déjà de Titus épouse en espérance,

Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance ?

ANTIOCHUS

Va, dis-je ; et sans vouloir te charger d'autres soins, Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.

(i) Arrêtons pour arrêtons-nous. Un grand nombre de verbes avaient an XVII* siècle sous la forme neutre le sens que nous donnons aujourd'hui am refléchi (abîmer = s'afrfHier, affaiblir ■= s'affaiblir, etc.).

(3) Ces explications peu vraisemblables sont destinées ft justifier l'untf^ Je lieu sur laquelle on était au xvii* siècle (on scrupuleux.

(3) Amant au sens du xvii< siècle : prétendant.

RACINE. T. n.

RACINE

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