‹ Théâtre. Préfaces et notes de M. MornetChapitre 29 sur 133 · NOTICE SUR BAJAZET · texte numérisé non relu

NOTICE SUR BAJAZET

Du bruit de Baja^tt mon âme importunée fait que je veux aller à la comédie. *

Elle y alla, mais pour chicaner et se reprendre. Elle se mit d'accord avec tous ceux, depuis Pradon et M"* Deshouliëres jusqu'à Segrais ou Saint-Evremond, qui restaient fidèles à l'idéal de Corneille. Belles passions, pensaient-ils, mais de cervelles point, de ces cervelles qui font, chez Corneille, les destins héroïques et la sublimité des grandes âmes. Et ces « grandes tueries » sont sans excuse quand elles ne sont la rançon que des fureurs de l'amour. « Il y a des endroits froids et faibles, écrit M »• de Sévigné, et jamais Racine n'ira plus loin Kin' Alexandre et c{\x' Andromaqne,. Bajazet est au-dessous, au sentiment de bien des gens, et au mien, si j'ose me citer. Racine fait des comédies pour la Champmeslé : ce n'est pas pour les siècles à venir. Si jamais il n'est plus jeune, et qu'il cesse d'être amoureux, ce ne sera plus la même chose. Vive donc notre vieil ami Corneille ! * Ces critiques eurent leur portée. Racine avait voulu, après Andromaque, prouver que ce serait la même chose, même si l'amour n'emplissait pas ses tragédies ; il avait écrit Britannicus. Après Bérénice et Bajazet, il écrivit Miihridate.

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