‹ Théâtre. Préfaces et notes de M. MornetChapitre 92 sur 133 · SCÈNE II MONIME, PHyEDIME, ARCAS · texte numérisé non relu

SCÈNE II MONIME, PHyEDIME, ARCAS

MONIME

En est-ce fait, Arcas? et le cruel Pharnace....

ARCAS Ne me demandez rien de tout ce qui se passe, Madame : on m'a chargé d'un plus funeste emploi ; Et ce poison vous dit la volonté du Roi.

PHiEDIME

Malheureuse princesse !

MONIME

Ah! quel comble de joie !

Donnez, Dites, Arcas, au Roi qui me l'envoie Que de tous les présents que m'a faits sa bonté, Je reçois le plus cher et le plus souhaité. A la fin je respire ; et le ciel me délivre Des secours importuns qui me forçoient de vivre. Maîtresse de moi-même, il veut bien qu'une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.

PH^DIME

Hélas!

MONIME

Retiens tes cris ; et par d'indignes larmes De cet heureux moment ne trouble point les charmes. Si tu m'aimois, Phaedime, il falloit me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer, Et lorsque m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux ; Et si mon nom encor s'est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois ; et de toute ma gloire, Phzedime, conte-leur la malheureuse histoire.

Et toi, qui de ce cœur, dont tu fus adoré, Par un jaloux destin fus toujours séparé, Héros, avec qui, même en terminant ma vie, Je n'ose en un tombeau demander d'être unie, Reçois ce sacrifice ; et puisse en ce moment Ce poison expier le sang de mon amant !

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