‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 2)Chapitre 101 sur 134 · VII · texte numérisé non relu

VII

STROZZI

Et que veux-tu que j'attende?

LORENZINO

Que sais'je, moi?... Peut-être, un soir, peut-être, une nuit, au moment où tu t'en douteras le moins, la brise qui souffle si doucement parmi les lauriers de l'Arno et les pins des Caséines, te portera-t-elle ces mots libérateurs : a Le duc Alexandre est mort ! »

STROZZI

Je joue de malheur, Lorenzino ! sur trois offres que je voulais te faire, en voilà déjà deux que tu refuses; mais j'espère que tu voudras bien accepter la troisième.

LORENZINO

Si elle est moins folle que les deux premières, avec bonheur, oui, Strozzi.

STROZZI, tirant son épée.

C'est de me rendre à l'instant même raison de tes offenses, de tes refus et de t^s conseils.

LORENZINO

Oh ! pour le coup, tu es bien décidément fou, mon pauvre ami! Un duel à moi, à moi, Lorenzino! Est-ce que je me bats, moi ? est-ce qu'il n'est pas convenu, arrêté, reconnu, que je n'ai pas la force de soulever une épée, et que je me trouve mal en voyant couler une goutte de sang? Mais tu ne sais donc pas que je suis une femmelette, un poltron, un lâche? Ah ! par ma foi, je croyais être mieux connu, depuis que Florence crie mon panégyrique à toute l'Italie, et l'Italie à toute la terre... Merci, Strozzi : tu as douté entre Florence et moij toi seul pouvais encore me faire cet honneur,

Oui, tu as raison, oui, Lorenzino, tu es une femmelette, un poltron, un lâche ! oui, Lorenzino, tu es un misérable, et tu ne mérites pas de mourir de la main d'un homme comme moi... Va-t'en! je ne te demande plus rien ; va-t'en ! je n'attends plus rien de toi, je n'espère plus qu'en Dieu! vat'en!

LORENZINO

Eh bien, à la bonne heure ! te voilà redevenu raisonnable... Adieu, Strozzi l

(Il sort.)

LORENZINO 219

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