‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 2)Chapitre 104 sur 134 · SCÈNE IJ · texte numérisé non relu

SCÈNE IJ

Les Mêmes, LE HONGROIS, BIRBANTE.

Allons, viens, le Houffrois !

LE DCC

LORENZINO

Allons, entre, Birbante !

(Chacun des deux serviteurs parle bas à son maître.) LE DUC, éclatant de rire.

Tu arrives trop tard pour avoir la récompense!... Entre la rue del Diluvio et la rue délia Fogna.

LE HONGROIS

Et qui donc VOUS a dit l'adresse, monseigneur.^

LE DUC

Un plus fin limier que toi, mon pauvre ami.

(Il montre Lorenzino.) LE HONGROIS, à part.

Ah ! le démon! il ne sait que faire du tort aux honnêtes gens.

LE DUC

Et toi, Lorenzino, qu'est-ce.^

LORENZINO

Une dame masquée, Votre Altesse, et qui ne veut, à ce qu'il paraît, ôler son masque que pour votre serviteur.

CBirbante sort.)

Heureux drôle! cela flaire la Ginori d'une lieue.

LORENZINO

Eh bien, quoi de plus moral qu'une tante qui vient faire une visite à son neveu?

LE DUC

Surtout quand la tante a vingt-deux ans, et que le neveu en a vingt cinq... Tu sais que j'ai un caprice pour elle.-* Fais-lui toute sorte de promesses de ma part.

LORENZINO

Je lui promettrai que vous vous teindrez la barbe et les cheveux.

LE DUC

Pourquoi cela?

LORENZINO

Parce qu'elle m'a avoué qu'elle n'aimait que les bruns, ma chère tante.

LE DUC

Fat ! (S'éioignant, au Hongrois.) Allons, viens ici... Tu as encore quelque chose à me dire?

LE HONGROIS

Je l'avoue.

LE DUC

Dis.

A Votre Altesse seule.

LE DUC

Parle bas, alors.

LE HONGROIS

Monseigneur, la première fois que votre dévoué cousin descendra d'un second étage avec une corde, laissez-moi couper la corde, je vous en prie !

LE DUC

Et pourquoi cela, s'il vous plaît?

LE HONGROIS

Parce que j'ai une idée: c'est que cet homme vous trahit,

LE DUC

Coupe la corde, le Hongrois; tu en es le maître.

LE HONGROIS, joyeux.

Ah!...

LE DUC

Seulement, si tu fais cela, j'ordonne au bourreau de renouer les deux bouts de la corde, et de te prendre le cou dans le nœud... Te tiens- tu pour averti ?

LE HONGROIS

Oui, monseigneur... Votre Altes-se a tout dit?

LE DUC

Pas encore... J'avais promis cent florins d'or au premier qui me donnerait l'adresse de Luisa.

LE HONGROIS

Et je croyais bien les a^'oir gagnés!

LE DUC

Mais j'avais ajouté que j'en donnerais cinquante au second. (Lui jetant une bourse.) Tiens ! s'il y a davantage, tu donneras la différence à Jacopo.

LE HONGROIS

Et s'il y a moins?

LE DUC

Aloij, tu demanderas l'appoint à Lorenzino. Il te doit bien cela pour tes bonnes intentions à son égard.

(Il sort par une porte latérale, et le Hongrois s'éloigne par le fond.)

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