SCÈNE IV
MARTON, JASMIN, tenant chacun une lettre l la main.
JASMIN
Très-bien, Marton! très-bien!
MARTON
Allons, Jasmin, pas de secrets...
JASMIN
Allons, Marton, pas de mensonge.
Qu'est-ce que c'était que cette belle dame?
JASMIN
Une marquise que nous aimons... Qu'est-ce que c'était que ce beau jeune homme?
MARTON
Un chevalier qui nous aime... Ei <^ette lettre?
JASMIN
Cette lettre, c'est une lettre pour monsieur... Et ce billet?
MAKTON.
Ce billet, c'est un billet pour madame.
JASMIN
Mais qu'est-ce que tu disais donc, Marton, que cela tournc- , rait mal?.. Il me semble que cela va à merveille, au contraire; Xkf. i nous commençons par où l'on finit.
MARTON, mettant la lettre dans son corset. 11 faut convenir, Jasmin, que les maîtres d'aujourd'hui sont bien dépravés!...
JASMIN, mettant la lettre dans sa poche. Ne m'en parle pas, Marton... Comment!... mais ce sont eux qiii nous pervertissent.
MARTON
Chut.!
JASMIN
Quoi?
MARTON
Les voilà qui rentrent.
Alors, rendons-nous chacun à notre poste... Toute sorte de prospérités à ton chevalier, Marton!
(Il rentre par Ja porte latérale à droite du spectateur.)
MAUTON, s'avanrant vers la porte latérale à gauche. Bonne chance pour ta marquise!...
(Au moment où elle va pour entrer, on entend la voix de la Comtesse.)
LA COMTESSE, de l'antichambre.
Marton!...
MARTON, s'arrôtant.
Oh ! mon Dieu !... c'est la voix de madame la comtesse. (Elle court yers la porte du fond, qui s'ouvre avant qu'elle y soit arrivée.)