‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 2)Chapitre 8 sur 134 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, LA MARQUISE, entrant, suivie d'un Laquais qui porte

son livre d'heures.

Pardon, messieurs, pardon. J'ai été empêchée ce matin, et, maintenant, il faut que j'aille à la messe; demain, il y a soirée au château, vous entendez.

d'aumont, saluant.

Marquise...

LA MARQUISE, au Duc.

Revenez dans une heure, il faut que je vous parle,

LE DUC

Merci .

d'auvray.

Et madame la marquise ne nous recevra pas demain matin pour nous dédommager de sa rigueur d'aujourd'hui ?

LA marquise.

Impossible, chevalier; demain matin, j'accompagne M. le duc à Paris, et je ne serai de retour que pour le bal! Adieu, duc. Messieurs, à demain.

(Elle sort par la porte opposée; le Laqi^ais la suit.)

d'auvray.

Kli bien, que disions nous, duc? la marquise à la messe; si cela continue, madame de Parabère mourra aux Carmélites.

d'aumont.

Eh ! messieurs, messieurs, nous ne faisons pas attention.

(Mademoiselle de Belle -Isle passe par la galerie.) LE DUC.

Mademoiselle de Belle-Isle !

Ah ! ah ! ceci paraît vous gêner.

Cette fois, tu ne nous voleras pas notre argent.

LE DUC

Non ; mais j'espère vous le gagner.

d'auvray.

Allons donc, va pour mille louis.

d'aubigny, s'avançant.

Un instant, messieurs! c'est moi qui tiens le pari.

LE DUC

Vous ?

d'aubigny.

Oui, moi

d'aumont.

Et comment cela?

d'aubigny.

Parce que j'en ai le droit : j'épouse, dans trois jours, celle que M. le duc de Richelieu doit déshonorer dans les vingtquatre heures.

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