XIII. 1j
toute ce:te fortune réunie sur la tête de Yalenline, il fallait tuer Valentine à son tour.
Mais pourquoi cela ?
m. d'avrigny.
Pour que vous héritassiez de votre fille Valentine, et que votre fils Edouard héritât de vous.
Y1LLEF0RT.
Oh! grâce, d'Avrigny, grâce!
m. d'avrigny.
Pas de grâce, monsieur!... Est-ce que, quand on vous demande grâce, à vous, vous l'accordez? Est-ce que, tout à l'heure, à madame Danglars, qui vous demandait grâce, vous ne répondiez pas : a Je suis la loi? » Non ; d'ailleurs, le médecin aune mission sacrée; c'est pour la remplir qu'il remonte jusqu'aux sources de la vie et qu'il descend dans les mystérieuses ténèbres de la mort. Quand le crime a été commis, et quand Dieu, épouvante sans doute, détourne son regard du criminel, c'est au médecin de dire : a Le voilà ! »
YILLLFORT.
Oh ' grâce ! grâce, pour elle !
m. d'avrigny.
Oh! vous voyez bien que vous savez qui !
V1LLEFORT.
Docteur, je ne résiste plus, je ne me défends plus, je vous crois; mais, par pitié, épargnez sa vie, épargnez mon honneur!
.Monsieur de Villefort, si votre femme en était seulement à son premier crime, et que je la nsse en méditer un second, je vous dirais: « Avertissez-la, punissez-la ; quelle passe le reste de sa vie dans quelque clcitre. dans quelque couvent, i prier, à pleurer; » mais elle a vu l'une après l'autre quatre agonies, mais elle a contemplé quatre moribonds, mais elle 5'e>t agenouillée près de quatre cadavres. Au bourreau, l'empoisonneuse ! au bourreau !
villefort.
Eh bien, soit, docteur; seulement, jurez-moi que le terrible secret demeurera entre nous.
m. d'aviucny.
Oui, si elle meurt! oui, si elle est punie!
YILLEFORT.
Elle sera punie, elle mourra!
M. d'aVI'.IONV.
C'est bien; je sais que vous n'engagez pas votre parole en vain : le secret vous sera gardé, mon ami.
(Villefort sonne.) VILLEFORT, au Domestique qui entre.
Dites à madame de descendre et que je veux lui parler,