‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 26 sur 129 · SCÈNE II Les Mêmes, MADAME DE VALGENCEUSE · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, MADAME DE VALGENCEUSE

ALBERT, à madame de Valgenceuse.

Je parie que je sais ce que vous alliez me dire.

MADAME DE VALGENCEUSE

Oh ! par exemple !

ALBERT

Si je devine juste, me l'avouerez-vous ?

MADAME DE VALGENCEUSE

Oui.

ALBERT

D'honneur ?

ta»9ÉHE DE VALGENCEUSE.

D'honneur !

ALBERT

Vous alliez me demander si M. le comte de Monte-Cristo était arrivé ou s'il devait venir.

MADAME DE VALGENCEUSE

Oh ! mon Dieu, j'allais vous demander s'il était vrai que M. Danglars eût perdu un demi-million sur les coupons espagnols.

C'est possible; mais, en tout cas, je suis sûr qu'ils sont déjà rattrapés à la Bourse. 11 a vraiment un bonheur insolent. On croirait qu'il joue à coup sûr, et qu'il sait les nouvelles d'avance.

MADAME DE VALGENCEUSE

Voyons, et maintenant, le eomte?

ALBERT

Le comte viendra, soyez tranquille.

MADAME DE VALGENCEUSE

Vous savez qu'il a un autre nom que Monte-Cristo?

ALBERT

Non, je ne savais pas.

MADAME DE VALGENCEUSE

Monte-Cristo est un nom d'ile, et il a un nom de famille.

ALBEKT.

C'est probable; mais jamais je ne l'ai entendu prononcer.

MADAME DE VALGENCEUSE

Eh bien, je suis plus avancée (pic vous ! il s'appelle Z; ccone.

ALBERT

C'est possible.

11 est Maltais.

C'est possible.

MADAME DE VALGENCEUSE

ALBERT

MADAME DE VALGENCEUSE

Fils d'un armateur.

ALBERT

C'est possible encore.

MADAME DE VALGENCEUSE

11 a servi dans l'Inde, il exploite une initie d'argent en Thessalie, et il vient à Paria pour faire un éiablisbement d'eaux, thermales à ÀUteuil.

ALBERT

Eh bien, à la bonne heure] voilà des nouvelles; v is devriez les répéter tout haut, vous auriez le plue grand succès. Me permettez-vous de les répandre?

MADAME DE VALGENCEUSE

Oui, mais sans dire qu'elles viennent de moi.

ALBERT

Pourquoi cela ?

MADAME DE VALGENCEUSE

Parce que c'est un secret surpris.

ALBERT

A qui ?

A la police.

1JJADAMI DE VALGENCEUSE.

Alors, ces nouvelles se débitaient...?

MADAME DE VALGENCEUSE

Hier au soir, chez le préfet. Paris, vous le comprenez bien, s'est ému à la vue de ce luxe inusité, et le préfet a pris des informations.

ALBERT

Bon! pauvre comte! il ne manquerait plus qu'une ehose, c'est qu'on l'arrêtai comme vagabond, sous prétexte qu'il est trop riche.

MADAME DE VALGENCEUSE

Ne riez pas, cela a bien failli arriver, si les renseignements n'avaient pas été favorables.

ALBERT

Se doute-t-il au moins du danger qu'il a couru?

MADAME DE VALGENCEUSE

Je ne crois pas.

ALBERT

Alors, c'est charité que de l'avertir à son arrivée; je n'y manquerai pas. Justement, voilà Debray. — Debray! Debray par ici.

DEBUaY.

Ah! c'est vous, très-cher!

ALBERT

Savez-vous ce que madame me disait du comte?

DEBRAY

Il paraît r e c'est un réfugie polonais, qui a dressé les

troupes du pacha d'Egypte et fait la pêche des perles à Ceylan. Le pacha lui a donné je ne sais combien de mille bourses, et, dans la même année, le bonheur a voulu qu'il péchât pour trois millions de perles.

ALBERT

Chut! le voici.

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