SCÈNE III ALBERT, pais MERCEDES
ALBBRT.
Allons! c'est le premier détachement du monde, ce n'est malheureusement pas le plus douloureux! (n ta pour .sortir, Mercedes parait en costume de Catalane.) Ma mère, j'allais chez vous.
MERCEDES
Je viens chez toi.
ALBERT
Que signifie ce costume, ma mère?
MERCEDES
C'est le seul que j'aie le droit d'emporter de cet hôtel ; car c'est le seul qui n'ait point été payé avec l'argent de la trahison.
Et vos meubles, vos bijoux, vos châles, ma mère?
MERCEDES
Je viens de laisser un état exact de tout cela, et tout cela sera vendu.
ALBERT
Vendu ?
Oui.
Vendu !
Au profit...
Au profit...?
Des prisonniers.
ALBERT
Ah! ah! ma mère, je suis donc meilleur que je ne croyais, puisque j'ai eu la même idée que vous!
MERCEDES
Albert, je pars.
ALBERT
Moi aussi, ma mère.
MERCEDES
Oh! je m'en doutais; mais j'ai compté, je l'avoue, que mon fils m'accompagnerait; me suis-je trompée?
ALBERT
Ma mère, je ne puis vous faire partager le sort que je nie destine ; il faut que je vive désormais sans nom, sans fortune J'ai dû, pour commencer l'apprentissage de cette rude existence, emprunter à un ami le pain que je mangerai.
Toi, mon pauvre enfant, souffrir de la misère, souffrir de xiii. "
MERCEDES
ALBERT
MERCEDES
ALBERT
MERCEDES, avec effort.
la faim. Oh ! ne dis pas cela, tu briserais toutes mes résultions.
ALBERT
Prenez garde de trop insister ma mère, car mes résolutions étaient prises pour moi seul, et non pour vous. En partant, je croyais vous laisser ici, sinon heureuse, du moins riche. Et cependant, j'avais prévu toute la grandeur de votre àme, toute la noblesse de votre cœur. Attendez, je n'ai qu'une adresse à mettre à cette lettre... (il écrit.) Veuillez sonner ma mère. (Elle sonne.) Germain, il y a réponse.
GERMAIN
Bien, monsieur. L'intendant de M. le comte de Monte-Cristo est là, il demande à remettre une lettre à vous-même.
ALBERT
Faites entrer.
MERCEDES
Une lettre du comte!