‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 58 sur 129 · SCÈNE II Les Mêmes, BERTUCCIO · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, BERTUCCIO

BERTUCCIO

Excellence !

MONTE-CRISTO

Hein?

BERTUCCIO

Je sais que Son Excellence avait défendu sa porte; mais...

MONTE-CRISTO

Mais?...

BERTUCCIO

Mais c'est M. le comte de Morcerf.

MONTE-CRISTO

Le comte ou le vicomte ?

BERTCCCIO.

Le comte; et comme il a dit que c'était pour une affaire d'honneur, j'ai cru, moi qui connais Son Excellence, que devant ce mot-là, toutes les portes devaient s'ouvrir.

MONTE-CRISTO

Vous avez raison, Bertuccio ; où est le comte ?

BERTUCCIO

A la porte, dans son coupé.

MONTE-CRISTO

Faites-le venir.

(Berlnccio sort.) HAYDÉG.

Mon Dieu, n'est-ce point fini encore?

Je ne sais si c'est fini, mon enfant bien-aimée; mais ce que je sais, c'est que tu n'as rien à craindre.

HAYDÉE

Prends garde, monseigneur, prends garde; tu sais que c'est un misérable à qui tous les moyens sont bons.

MONTE-CRISTO

Cet homme ne peut rien sur moi, Haydée; c'est quand j'avais affaire à son fils que tu devais craindre.

HAYDÉE

Aussi, ce que j'ai souffert, moi qui avais tout entendu, oh ! tu ne le sauras jamais, monseigneur.

MONTE-CRISTO, étendant la main.

Par la tombe de mon père, je te jure que, s'il arrive malheur, ce ne sera point à moi.

HAYDÉE

Je te crois, monseigneur, comme si Dieu me parlait.

MONTE-CRISTO

Cet homme ne doit pas te voir llaydée ; laisse-nous.

HAYDÉE, lui présentant le front.

Tu as dit que je n'avais rien à craindre pour l'âme de mon corps?

MONTE-CRISTO

HAYDÉE

Je te laisse, monseigneur.

Mon Dieu permettriez-vous donc que je puisse nimeï encore ?

(Haydée sort.)

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