ACTE PREMIER
PREMIER TARLEAU
Chez Julie et Emmanuel. — Un salon. — A gauche, au premier plan, on* porte ; au deuxième plan, une fenêtre. A droite, une cheminée.
SCEiNE PREMIERE
MAXIMILIEN, entrant, dans les bras de JDLÏE et d'EMMANUEL.
Oui, me voilà, ma sœur; oui, me voilà, mon cher Emmanuel, et pour passer tout un trimestre avec vous, encore !
JULIE
Oh' mon cher Maximilien, que nous sommes heureux!
Et moi donc! Mais d'abord cette bourse, que je la baise en mémoire de notre pauvre père.
EMMANUEL
Tiens !
Ob ! mes amis, qu'il m'est arrive une chose étrange !
JULIE
Celle que tu nous racontes dans ta lettre ?
Oui; comprenez-vous, au milieu de la Méditerranée, darS une île déserte, qui s'appelle Monte-Cristo, trouver un nabab, un ami de notre famille qui méconnaissait, qui te connaissait, qui connaissait Emmanuel... C'est incompréhensible!
JULIE
Et cet homme doit venir à Paris ? cet homme doit venir nous voir?
11 m'a dit qu'il serait à Paris avant moi, et qu'une de ses premières visites serait pour la petite maison de la rue Meslay. mus.
Et quel âge ?
Jeune encore ; quarante ans peut-être.
JULIE
Beau?
Beau, oui, si l'expression fait la beauté,
JOLIE
Et riche?
A millions!
EMMANUEL
Tiens, une voiture s'arrête à la porte.
JULIE
Quelle étrange chose, si c'était lui !...
MAXIMILILN.
Oh! cela ne m'étonnerait pas. (n ouvre la fenêtre.) Miracle!
EMMANUEL
Comment!
Je vous annonce le comte de Monte-Cristo.
EMMANUEL et JULIE.
Le comte de Monte-Cristo !
En personne.
JULIE
Oh! reçois-le, mon frère; il faut que je passe une robe.
(Elle se sauve.) EMMANUEL.
Et moi une redingote.
(Il sort vivement.) MAXIMILIEN.
Ah ! bon, bon... Ah ! monsieur le comte, voilà vos millions qui font leur effet. (Allant à la porte.) Par ici, monsieur le comte, par ici.