‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 72 sur 129 · SCÈNE Vil MONTE-CRISTO, LE MAJOR · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil MONTE-CRISTO, LE MAJOR

MONTE-CRISTO

Je vous attendais, monsieur le major,

Vraiment, Votre Excellence m'attendait?

MONTE-CRISTO

N'étes-vous pas M. le marquis Timoteo Cavalcanti?

LE MAJOR

Timoteo Cavalcanti, c'est bien cela.

MONTE-CRISTO

Major au service de l'Autriche ?

LE MAJOR

Est-ce major ou sergent ?

MONTE-CI'.ISTO

Major, marquis, major!

LE MAJOR

Major soit, monsieur le comtf ; je suis trop poli pour vondémentir.

MONTE-CRISTO

D'ailleurs, vous ne venez pas ici de votre propre mouvement, n'est-ce pas?

LE MAJOR

Oh! non; de mon propre mouvement, je n'aurais jamais osé.

MONTE-CKISTO.

Vous m'êtes adressé par cet excellent père Busoni.

Du moins, la lettre que j'ai reçue est signée de ce nom; voyez !

MONTE-CRISTO

C'est bien cela. « Le major Cavalcanti... »

LE MAJOR

Sergent.

MONTE-CRISTO

a Patricien de Lucques, descendant des Cavalcanti de Florence... »

LE MAJOR

Eh ! eh !

MONTE-CRISTO

Vous êtes bien leur descendant?

LE MAJOR

Un peu descendu, c'est vrai.

MONTE-CRISTO

« Et jouissant d'une fortune de trois à quatre millions... ■

LE MAJOR

Y a-t-il trois ou quatre millions?

■OlfTB-CBISTO.

Dame, c'est écrit en toutes lettres.

Va pour quatre millions.

MONTE-CRISTO

Vous ne croyiez pas être si riche?

LE MAJOR

Ma parole d'honneur, non !

MONTE-CRISTO

C'est que votre intendant vous vole.

LE MAJOR

Vous venez de m'éclairer, mon cher monsieur ; ]e mettrai le drôle à la porte. Continuez, je vous prie.

MONTE-CRISTO

« Et auquel il ne manquait qu'une chose pour être heureux... »

LE MAJOR

Oh ! mon Dieu, oui, qu'une seule.

MONTE-CRISTO

« De retrouver un fils adoré... »

LE MAJOR, soupirant.

Heu !

MONTE-CRISTO

« Enlevé dès son enfance, soit par des bohémiens, soit par un ennemi de sa noble famille... » Pauvre père !...

lieu!

MONTE-CRISTO

« Mais je lui rends l'espoir et la vie en lui annonçant, monsieur le comte, que vous pouvez lui faire retrouver ce li!s qu'il cherche en vain depuis quinze ans... »

LE MAJOR

Heu! le pouvez-vous, monsieur?

MONTE-CRISTO

Je le puis.

LE MAJOR

Mais cette lettre était donc vraie ?

MONTE-CIUSTO.

Jusqu'au bout.

LE MAJOR

Post-scriptum compris ?

MONTE-CRISTO

Ah ! il y a un post-scriptum ?

LE MAJOR

Une misère!

MONTE-CRISTO

a Pour ne pas causer au major Cavalcanti l'embarras de déplacer des fonds de chez son banquier, je lui envoie une somme de deux mille francs pour ses frais de voyage, et le ciolite sur vous d'une autre somme de quarante-huit mille francs. » Très-bien !

LE MAJOR, à part.

Il a dit : « Très-bien ! » (Haut. Ainsi le post-scriptum...?

MONTE-CRISTO

Le post-scriptum?

LE MAJOR

Est accueilli aussi favorablement que le reste?

MONTE-CRISTO

Sans doute.

LE MAJOU

De sorte que vous me remettrez ces quarante-huit mille francs ?

MONTE-CRISTO

A votre première réquisition. .Mais que fais-je donc! je vous tiens debout depuis un quart d'heure.

LE HAJOR.

Ne faites pas attention, et, du moment que le post-scriptum...

MONTE-CRISTO

Maintenant, voulez-vous prendre quelque chose, un verre de porto, de mancenilla ou d'alicante ?

LE MAJOR

D'alicante, c'est mon vin de prédilection.

J'en ai là d'excellent. N'est-ce pas, avec un biscuit?

LE MAJOR

Avec un biscuit, puisque vous m'y forcez.

(Monte-Cristo frappe deui coups sur le timbre. Baptistin parait.) MONTE-CRISTO, an Laquais.

Bertuccio n'est-il point là t

BERTDCCIO.

Me voilà, Excellence.

MONTE-CRISTO

l'n verre de vin d'Alirantr <'t des l>i«ruits nu major. (Allant h r.i| ti-tin , tandis que Bertuccio \.i IfN le Major.) VOUS iiU'Z fait < II-

trer H. Andréa dans ce pavillon?

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